Lorsque vient le temps de planter des végétaux dans des conditions difficiles ou contraignantes, les concepteurs sont très souvent portés à choisir le plus gros calibre de plants possible. Après tout, plus le plant comportera de racines, plus la plante sera développée et tenace, non? Pourtant il y a des domaines où cette intention bienveillante peut-être inutile voire même tout à fait contre indiquée et c’est le cas avec les plantes destinées aux toits verts.
Il existe plusieurs types de toits verts qui sont caractérisés grosso modo en fonction de l’épaisseur de substrat qu’on y retrouve. Ainsi, un toit de type extensif comporte généralement une faible épaisseur de sol et un toit de type intensif une épaisseur plus généreuse ce qui influe directement sur la qualité de l’habitat qui en résulte. Généralement, plus le toit est épais, plus il invite à l’utilisation de composantes additionnelles, telles que des systèmes automatisés d’irrigation. Habituellement, les toits les plus simples constituent les ouvrages les plus écologiques.
Les substrats adéquats pour les toits verts sont bien différents de ceux que l’on emploie pour les aménagements au niveau du sol. Ces derniers comportent une grande part de matière organique jugée nuisible pour l’équilibre d’un toit végétalisé. En effet, cet apport de nutriments favorise la germination et le développement des espèces indésirables tout en se compactant au fil de temps, réduisant ainsi l’épaisseur déjà minime du milieu de croissance. Afin que les plantes choisies s’adaptent le plus adéquatement possible dans cet environnement inamical, il est recommandé de les choisir à un stade de développement juvénile et ce sont généralement les plants offerts en contenants multi-cellulaires qui conviennent le mieux. Ces plants issus de semis ou de boutures sont dans une phase active de croissance et le faible de volume de substrat de culture qu’ils comportent constituent également un avantage comparativement aux plants de plus forts calibres. Ordinairement, à moins de contrats spécifiques, les substrats employés pour la production en serre et en pépinière contiennent une large part de matière organique, trop de fines particules et se compactent trop aisément. Leur introduction sur un toit extensif par l’utilisation généralisée de contenants de culture anéanti les efforts liés à l’utilisation d’un substrat rigoureusement calibré. Le sens pratique commande donc l’utilisation de plants en contenants multi-cellulaires. De plus, ces petits formats se révèlent nettement plus économiques ce qui ajoute à leur intérêt.
Les formats de cellules employés avec succès varient. Les plateaux contenant entre 72 et 24 cellules sont les plus largement recommandés par les experts en toits verts et par nombres de nos collègues pépiniéristes qui se spécialisent dans la production de plants destinés aux toits verts. Ces formats soutiennent une masse racinaire intéressante tout en étant peu profonds. De plus, leur développement au cours de la première saison de croissance est tout à fait comparable aux plants en contenants, voire même supérieur. Afin de maximiser l’interface entre les racines et le substrat du toit, on recommande d’opter pour un format de cellules dont la profondeur est similaire à l’épaisseur du substrat. Techniquement, les cellules sont plantées à une distance centre-à-centre de 15 à 20 cm pour les espèces rampantes telles que les Sedums et autres crassulacées et légèrement plus rapprochées ou intercalées pour les espèces au port érigé qui sont utilisées pour varier l’apparence visuelle. Ainsi planté, un toit peut atteindre plus de 60% de taux de recouvrement au cours de la première année et 80% à 90% l’année suivante.
| Fiche technique des formats cellulaires disponibles chez Indigo | |||
|---|---|---|---|
| Formats | Dimensions (?x?) | Volume | Multiple |
| M-72 | 6 cm x 4 cm | 67 ml | 72 |
| M-24 | 6,4 x 6 cm | 133 ml | 24 |
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La question du mois: Avez-vous déjà travaillé avec des contenants multi-cellulaires pour la plantation d'un toit vert?