BLOGUE DÉTAIL

15 juil. 2008

Aiglon Indigo

Sur la Côte Nord, après les VTT, les plantes indigènes... par France Bourgouin

Un peu de tout

Étiquette

Fait déplorable, de nombreuses zones littorales du fleuve et de l’estuaire du Saint-Laurent ont été grandement détériorées et parfois même complètement détruites. Plusieurs organismes s’affairent néanmoins à protéger et restaurer ce qu’il est encore possible de sauver. Un de nos clients, le Comité Zip (zone d’intervention prioritaire) de la Rive Nord de l’Estuaire, effectue depuis plusieurs années des actions concrètes sur le terrain en vue de réduire l’érosion des berges entre Sacré-Coeur et Baie Trinité sur la Côte-Nord.

Cet organisme a caractérisé une vingtaine de sites pour évaluer leur valeur écologique. Il a rédigé des guides d’intervention sur les espèces en péril et leur habitat, élaboré de superbes affiches sur ces espèces et a réalisé plusieurs projets pour réduire l’érosion des berges. Un de leur projet en cours vise la protection et la restauration des dunes de l’estuaire de la rivière Betsiamites, une zone à valeur écologique élevée. Ce projet est réalisé en collaboration avec le conseil innu de Pessamit, le conseil tribal Mamuitum, l’école secondaire de Pessamit et la société de restauration du saumon de la rivière Betsiamites. Toutes les actions entreprises ont été planifiées de façon à respecter la culture autochtone de cette communauté.

La rivière Betsiamites est une rivière à saumon dont l’estuaire revêt une valeur écologique importante avec ses marais salés, sa plage et ses dunes. La végétation des lieux héberge plusieurs espèces d’oiseaux dont la bernache du Canada et une vingtaine d’espèces de poissons. Les dunes servent de barrière de protection contre l’érosion, mais c’est la végétation qui freine le vent et maintien les dunes en piégeant le sable. Or, la végétation de cet estuaire a subi de grandes perturbations en raison principalement des nombreux sentiers informels créés par le piétinement ou les VTT.

Pour diminuer l’impact des activités humaines sur ce site, le comité ainsi que des bénévoles autochtones ont effectué la plantation de plus de trois mille plants et ont procéder à des ensemencements. Ainsi, plusieurs sentiers ont été végétalisés avec des plants de fraisiers de Virginie (Fragaria virginiana) et des semences d’aulne rugueux (Alnus incana ssp.rugosa) afin d’empêcher la circulation des VTT. La fétuque rouge (Festuca rubra), qui tolère le piétinement, a été ensemencée dans une zone de plage utilisée par les cueilleurs de mollusques. L’élyme des sables (Leymus arenarius ) a été implanté à proximité des dunes dans les secteurs érodés de la berge. De plus, afin de favoriser la cueillette traditionnelle de petits fruits, des plants d’airelles (Vaccinium vitis-idaea) et de ronces odorantes (Rubus odoratus) ont été dispersés sur le site. Enfin, l’installation de clôtures à sable permet de capturer le sable afin de restaurer les dunes. Tout en rétablissant les sites les plus affectés, le comité Zip en collaboration avec la communauté de Pessamit ont élaboré un plan de sensibilisation à l’égard des usagers du site. Notamment, des panneaux de sensibilisation, des conférences, du porte-à-porte et des entrevues à la radio locale permettront de consolider le projet.

Somme toute, transformer un milieu aussi fortement perturbé afin de recréer des écosystèmes plus naturels demande de l’énergie, de la patience, mais également beaucoup de volonté de la part des usagers. En retour, tous ces projets de restauration du littoral, milieu des plus riche en espèces, aideront à conserver la précieuse vie de l’estuaire du St-Laurent.