Un jardin en santé imite le milieu naturel en permettant l'établissement de multiples relations entre les organismes végétaux et animaux tant nuisibles que bénéfiques. Pour obtenir cet équilibre, les insectes doivent retrouver facilement nourriture et abri pour demeurer dans le jardin, sinon ils s’installeront ailleurs. À titre d’exemple, si les prédateurs ne peuvent trouver de proies et quittent le terrain, les insectes nuisibles se développeront alors sans contrôle et pourront causer de graves infestations. La planification d’un jardin de papillon doit ainsi prévoir l’établissement de plantes qui attireront non seulement les papillons, mais qui maintiendront également les chenilles et leurs prédateurs et/ou parasitoïdes (parasite qui tue) dans le jardin.
Il y a plusieurs recommandations à tenir compte pour aménager le terrain dans cette optique. D’abord, il faut fournir un habitat approprié aux plantes selon leurs besoins (conditions d’ensoleillement, d’humidité, de rusticité et du type de sol) afin de résister le plus efficacement possible à l’attaque des insectes et aux maladies. Les espèces indigènes demeurent un bon choix, car elles sont établies dans notre milieu depuis des milliers d’années.
Deuxièmement, pour attirer un grand nombre d’espèces d’insectes, il faut augmenter la diversité d’habitats offerts sur le terrain. Offrir des coins d’ombre, des coins ensoleillés, des habitats aquatiques (étang, bol d’eau). Éviter d’homogénéiser le sol. Maintenir des parcelles de sol acide, sableux ou argileux qui demanderont une couverture végétale différente. Présenter des plantes avec différentes couleur et forme de fleur, différentes périodes de floraison, différentes formes (arbre, arbustes, vivaces, annuelles, plantes à bulbes, plantes grimpantes, fougères...). Les plantes indigènes offrent un bon choix d’espèces différentes du point de vue des caractéristiques physiques et de l’habitat.
Troisièmement, il est intéressant de choisir certaines espèces végétales qui attirent ou éloignent une espèce ou un groupe d’insectes. Comme les plantes indigènes ont l’avantage d’être la nourriture habituelle des insectes de nos régions, ceux-ci s’installeront donc plus facilement dans un jardin où pousse leur plante préférée. Il existe trois catégories de plantes attractives et répulsives :
Une autre façon de maintenir les insectes dans le jardin est de laisser les débris végétaux au sol ou de recouvrir le sol de copeaux. La plupart des livres d’horticulture recommandent plutôt le contraire parce cela servirait d’abri aux insectes nuisibles. Eric Grissel, auteur de Insects and Gardens (2001), conseille de maintenir les débris au sol, car ceux-ci fourniraient également un abri aux insectes bénéfiques.
Évidemment, la restauration des communautés d’insectes ne se fera pas en une saison. Il faudra probablement attendre plusieurs années et effectuer quelques modifications pour obtenir un jardin équilibré. On peut cependant accélérer le processus en procédant au transfert d’insectes d’un milieu naturel vers le jardin.
Dans un prochain bulletin, nous ferons quelques suggestions de plantes et d’insectes à inclure au jardin et de procédures pour l’introduction de population d’insectes.
France Bourgouin