Le travail des écolos purs et durs commence à porter fruit car ils ne sont plus les seuls à se soucier d’environnement. Alertée par leur discours, une portion grandissante de la population constate que les prédictions de ces visionnaires se réalisent et qu’il est grand temps de passer à l’action. Cependant, ces gens de bonne volonté manquent souvent de connaissances et d’outils pour venir en aide à la nature qui les environne. Voici comment les espèces indigènes et les produits d’Indigo peuvent leur venir en aide.
La revitalisation des berges
Les cours d’eau dont les berges ont été dénudées de leur végétation indigène connaissent de nombreux problèmes notamment des eaux brouillées par les sédiments qui ne sont plus filtrés, une rive instable et un réchauffement excessif de l’eau dorénavant trop exposée au soleil. Ce dernier point a conduit à la prolifération des cyanobactéries, une situation de plus en plus médiatisée qui inquiète les propriétaires riverains et les incite à passer à l’action.
Quoiqu’on veuille réparer les erreurs du passé, on ne sait souvent ni comment, ni avec quelles plantes. Depuis l’automne dernier, la Fédération interdisciplinaire de l’horticulture ornementale (FIHOQ, www.fihoq.qc.ca) travaille à l’élaboration d’une liste de plantes recommandées pour l’aménagement des berges. L’une des plantes de cette liste est la menthe du Canada ou Mentha arvensis (syn. : M. canadensis). Rustique jusqu’en zone 3, cette herbacée vivace forme rapidement un réseau de tiges souterraines très efficace pour stabiliser les sols en surface. Quand le canevas de tiges aura été tissé, il sera beaucoup plus facile de planter avec succès des arbres et des arbustes sur ces pentes stabilisées.
Le maintien de la qualité des habitats fauniques
Parfois, il suffit de peu de chose pour transformer le visage d’un écosystème donné. Le déclin inquiétant des populations d’abeilles au Québec en est un bel exemple. Depuis l’arrivée de l’acarien parasite des abeilles, Varroa destructor, la pollinisation dans les bleuetières est compromise. Afin d’attirer les insectes pollinisateurs locaux et de les inciter à s’établir, on utilise des herbacées indigènes comme l’épilobe à feuilles étroites (Epilobium angustifolium). En juillet et en août, cette belle vivace produit des épis floraux spectaculaires qui attirent une foule d’insectes et de papillons. Elle pousse vigoureusement pour former de belles talles de près de deux mètres de haut. Grâce à elle, les insectes pollinisateurs sont plus nombreux à fréquenter le coin. La production de fruits est donc supérieure et le secteur, plus attirant pour la faune auxiliaire.
La stabilisation des sols
Il n’y a pas qu’aux Îles-de-la-Madeleine où l’érosion est un problème! Que ce soit sur le bord d’un lac ou à la suite de travaux de construction, les sols mis à nu s’érodent inexorablement. Pour stabiliser ces sites fragilisés, rien ne vaut l’élyme des sables (Leymus arenarius). Grâce à sa croissance agressive, cette plante indigène de 60 cm de haut s’avère particulièrement utile sur les rivages sablonneux. Elle y forme rapidement une belle colonie de feuillage bleuté fort attrayant. Cette dure à cuire est rustique en zone 2 et s’orne d’épis dorés de juillet à octobre.
Le maintien de la biodiversité
La situation de certaines plantes indigènes en milieu naturel devient de plus en plus précaire. Leur habitat peut avoir subi des transformations physiques, perturbant irrémédiablement l’écosystème en place, ou elles ne se sont jamais remises d’années de cueillette inconsidérée. Avant qu’elles n’allongent la liste des plantes menacées ou vulnérables, il serait bien (comme le recommande le Botanic Gardens Conservation International, www.bgci.org ) de recréer des habitats favorables au développement de la phytolaque (Phytolacca americana), du sporobole (Sporobolus heterolepis) et du riz sauvage (Zizania aquatica).
La phytolaque produit de belles tiges rose lumineux très décoratives. En juin et juillet, elle se coiffe de grappes de fleurs blanches suivies d’abondants fruits noirs et lustrés. Le sporobole est quant à lui une graminée des plus intéressantes. Son feuillage fin, vert émeraude, s’arque avec élégance et revêt une splendide couleur blond roux en automne. Il est rehaussé d’épis jaune paille à la fin de l’été. Enfin, le riz sauvage n’est pas seulement bon à manger, mais aussi beau à voir! Dans le marais émergeant, il lance vers le ciel ses longues tiges creuses qui mesurent jusqu’à 3 m de haut. Ses longues feuilles rubanées vert moyen sont marquées de pourpre et s’ornent de magnifiques épis aériens.
Les impacts des activités humaines sur le climat
Enfin, pour éviter que les milieux urbains ne se transforment en une fournaise insoutenable périodiquement inondée par les pluies abondantes que les égouts de surface ne sauront plus contenir, verdissons les toits! Une plante indigène extraordinaire à cultiver sur les toits est la potentille pectinée (Potentilla pensylvanica var. litoralis ou P. pectinata). Cette native du bord de mer résiste incroyablement bien aux affronts du vent et à la morsure du froid. On ne dirait pas, à voir son délicat feuillage découpé et ses mignonnes fleurs jaune en été! Rustique jusqu’en zone 2, elle n’atteint jamais plus de 20 cm de hauteur.