BLOGUE DÉTAIL

15 sept. 2011

Aiglon Indigo

Paysages en mutation, des outils pour favoriser l acceptation publique des prairies sauvages.

Bulletin technique

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Un peu partout dans la province, de nombreux efforts sont déployés afin d'améliorer la gestion écologique des espaces verts. Dans cette optique, l'intégration de prairies sauvages dans la trame urbaine apparait comme une solution des plus intéressantes. Toutefois, bien que ces aménagements permettent de favoriser la biodiversité et de réduire les frais d'entretien, leur acceptation par le public constitue bien souvent un défi considérable. L’implantation d’une prairie sauvage vivace à partir de semences exige patience et réalisme, car les espèces vivaces à fleurs ont besoin de temps et d’espace pour s’établir. La première année, le semis a généralement une apparence clairsemée et dégarnie. La terre est bien visible sur l’ensemble du site et les plantules sont petites. C’est l’étape la plus difficile à faire apprécier en raison de son aspect visuel. La deuxième année, la partie aérienne des plantes commence à croitre, mais le coup d’oeil n’est pas encore très réjouissant[1]. Autrement, ce n’est qu’à partir de la troisième année qu’une prairie sauvage commence à fleurir de façon notable et qu’elle s’approche de son plein potentiel[2].

 
1. La première année, le semis a généralement une apparence clairsemée et dégarnie.

  Les deux premières années d'implantation constituent donc une période ingrate au cours de laquelle l'aspect visuel du site risque davantage de heurter les citoyens qui côtoient couramment ce paysage en mutation. Afin de favoriser leur compréhension et leur tolérance, il est indispensable de mettre en place un programme d'information et de sensibilisation. Citons à titre d'exemple le projet de l’arrondissement Saint-Laurent et de la Direction de l’environnement et du développement durable de la Ville de Montréal. Au printemps 2011, ces deux organismes se sont associés pour mettre en place un projet expérimental visant à contrôler les mauvaises herbes sur un terreplein localisé sur le boulevard Thimens au nord du boulevard Henri-Bourassa Ouest. Simultanément à l'ensemencement de mélanges pour prairies sauvages d'Indigo, un solide plan de communication a été mis en place pour sensibiliser les citoyens sur ce projet ainsi que sur les mauvaises herbes en général. Parmi les actions entreprises, des articles informatifs sont parus dans les journaux locaux et le bulletin de l’arrondissement. Aussi, de grands panneaux signalétiques ont été installés aux abords du site à des endroits bien visibles pour faire connaitre le projet à la communauté. De plus, un dossier spécial sur les mauvaises herbes comprenant un résumé du projet-pilote a été mis en ligne sur le site internet de la ville (www.ville.montreal.qc.ca/mauvaisesherbes). À plus long terme, puisque l’arrondissement Saint-Laurent souhaite implanter un corridor naturel sur les terrepleins de ce secteur sur une distance d’environ quatre kilomètres, il est donc judicieux de miser sur de tels outils afin d’assurer l’acceptation et la réussite du projet.

 
1. Des panneaux signalétiques de grande taille permettent de sensibiliser le public adéquatement et font partie d'un bon programme de sensibilisation.

Outre les moyens utilisés par ce projet, d’autres avenues sont à considérer dans une perspective de sensibilisation des citoyens. En effet, l’implication de groupes locaux permet également de faciliter l’acceptation de la période d’implantation de la prairie. Faire participer aux travaux d’entretien les groupes communautaires de la région, tels que les scouts, les maisons de jeunes, les groupes scolaires ou autres assure une meilleure compréhension du processus. Plus la population locale participe au projet, plus elle le comprendra et plus elle s’y intéressera. Les projets de prairies sauvages qui ont les meilleures chances de réussite sont ceux que la collectivité comprend, apprécie et appuie concrètement. Si vous avez d’autres exemples d’initiatives de sensibilisation des citoyens ou des expériences à partager, n’hésitez surtout pas à le faire.

Indigo remercie Nicolas Dedovic, de la Division de la planification et du suivi environnemental pour sa précieuse collaboration.

[1] Notons qu’au cours des deux premières années, il est possible d’améliorer un peu l’aspect visuel en la fleurissant avec l’ajout de 10 à 15 % du mélange Indigo 100 % AnnuellesMC. [2] Pour arriver à ce résultat en trois ans, il faut être en présence de conditions de sol favorables.