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15 juil. 2012

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Murs végétalisés au Québec, l’expérience du Parc Marie-Victorin et d’Indigo.

Un peu de tout

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 Les murs verts ont la cote. Par les temps qui courent, lorsqu’on feuillette une revue de design ou d’architecture, on est quasi assurés d’y voir un nouvel exemple de mur végétal réalisé quelque part sur le globe. Les tentatives québécoises d’implantation de murs verts extérieurs sont peu nombreuses et, il faut bien le dire, plus ou moins heureuses. Le mur de façade du magasin Lolë de la rue Saint-Denis a été replanté à trois reprises, celui de la fonderie Darling est bien triste comparativement à la version initiale de Jean-Paul Ganem et celui de la Biosphère a connu son lot de difficultés. Trop souvent, le choix des espèces végétales constitue le maillon faible du projet. Les concepteurs travaillent avec des espèces adaptées aux toits verts ou adaptées aux murs verts ailleurs dans le monde. Bien qu’apparentées, ces endroits présentent des conditions différentes de celles qui prévalent sur un mur vert québécois et les végétaux s’y comportent différemment. Le climat du Québec et la conception des murs verts constituent des contraintes importantes pour la majorité des espèces végétales. Froid, vent, gel, sécheresse, absence de protection hivernale sont autant d’aléas que doivent supporter les espèces plantées dans des murs verts; forcément, les possibilités sont minces.

Premier en zone 4

Depuis plusieurs années, Indigo s’intéresse à l’utilisation des plantes indigènes pour la plantation des murs verts. Cette année, nous avons eu la chance d’expérimenter davantage en conseillant le Parc Marie-Victorin de Kingsey Falls dans la plantation de son mur végétal. Installé en 2011 lors des travaux (fort réussis) de réaménagement du Parc, ce mur est le tout premier exemple de mur végétal réalisé au Québec en zone 4 de rusticité. Constitué d’un assemblage de 168 cubicules individuels superposés, le mur totalise un volume de plantation de plus de 21 000 cm². Planté d’espèces annuelles de mosaïculture lors de sa mise en place, le mur fait place cette année à des espèces vivaces dont des indigènes. Un mélange de plantes xérophytes de type sédums et de plantes indigènes alpines ou saxicoles a été utilisé. Nous sommes persuadés que c’est dans cette dernière catégorie que l’on finira par dénicher les espèces les plus intéressantes pour la plantation des murs verts dans notre climat. Après tout, les espèces saxicoles des falaises du Québec vivent dans des conditions similaires à celles des murs verts, car la présence d’eau est faible, les températures atteignent des extrêmes, les nutriments sont relativement peu disponibles et les vents sont constants. Johanne Patenaude, horticultrice au Parc Marie-Victorin, suit l’évolution du mur depuis sa création. Malgré une sélection d’espèces adaptées, elle expérimentera l’automne prochain une méthode d’hivernage innovante en recouvrant le mur de toile d’hivernage et en prolongeant la période d’irrigation par un arrosage manuel abondant une fois le système d’irrigation du mur purgé en prévision du gel, le manque de couverture neigeuse et le dessèchement de fin de saison étant des éléments néfastes pour la survie hivernale.

 

 

Les choix du Parc Marie-Victorin

Parmi les espèces utilisées au Parc Marie-Victorin cette année, nous retrouvons les espèces suivantes:

Festuca ovina
Antennaria howellii ssp.canadensis (A. canadensis)
Silene acaulis
Sedum spurium 'Fuldaglut'
Sedum floriferum.

Les choix d'Indigo

D’autres espèces indigènes alpines ou saxicoles seraient certainement performantes:

Achillea millefolium,
Allium schoenoprasum,
Deschampsia flexuosa,
Draba glabella,
Hedysarum alpinum,
Iris setosa var. canadensis (Iris hookeri),
Lychnis alpina (Silene suecica),
Potentilla anserina,
Rhodiola rosea (Sedum rosea),
Saxifraga paniculata subsp. laestadii (S. aizoon),
Triglochin maritima.

Une expérience à bâtir et partager

Au fur et à mesure que nos connaissances en la matière se raffineront et que nous cumulerons davantage d’expérience, nous serons heureux de vous le faire savoir par le biais des lignes de ce blogue. Après tout, les murs verts sont appelés à se développer avec la croissance de l’architecture verte et les végétaux indigènes qui permettront de limiter l’irrigation et les opérations annuelles de plantation de remplacement et d’hivernage seront de précieux alliés afin que cette technique tendance ne perdre pas sa vocation écologique initiale.