BLOGUE DÉTAIL

15 sept. 2003

Aiglon Indigo

Les insectes : amis ou ennemis

Bulletin technique

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Ce mois-ci, le bulletin aborde un sujet qui passionne les uns et horripile les autres : les insectes. Indésirables bestioles dont la forme même nous répugne, qui se goinfrent de plantes ou qui nous occasionnent de vilaines démangeaisons. Et bien prenez votre mal en patience, car si elles disparaissent, la vie autour de nous ne serait plus la même. Selon Edward O. Wilson, chercheur réputé d’Harvard et conseiller scientifique à la société Xerces http://www.xerces.org/ (vouée à la prévention de l’extinction d’invertébrés), nous ne tiendrions que quelques mois. Leur disparition entraînerait celle de la plupart des amphibiens, reptiles, oiseaux et mammifères. Ensuite, viendrait une extinction massive des végétaux à fleur et une réorganisation de la structure des habitats terrestres. Ne pousserait alors que les végétaux pollinisés par le vent, disséminés ici et là, et peu d’animaux y graviteraient. Pour mieux les accepter, il faut reconnaître leur réussite, leur ingéniosité et leur valeur écologique. Voici quelques exemples :

Abondance: colonies d’insectes regroupant parfois des millions d'individus
Beauté: couleurs parfois époustouflantes et formes extrêmement variées
Diversité: représentent les deux-tiers du nombre d’espèces animales (environ 1 million) et probablement davantage
Habitat: se retrouvent dans tous les habitats sauf les océans
Longévité: la reine des termites peut vivre de 15 à 20 ans
Mode de vie: une diversité inégalée
Puissance musculaire: une fourmi peut transporter 20 fois son poids, le saut d’une puce égale 100 fois sa taille, 1000 battements à la seconde chez le chironomide, migration du Monarque (Québec-Mexique)

Et que dire des insectes sociaux : nids climatisés des termites, communication par la danse chez les abeilles, invention du carton chez les guêpes, etc. Championnes parmi toutes, les fourmis ont inventé bien avant nous l’agriculture en cultivant des champignons et en élevant des pucerons. Leur valeur écologique ne peut être reniée. Le recyclage des végétaux, des animaux morts et des excréments de ceux-ci est en grande partie réalisé par les insectes. Les insectes sont aussi d’excellents prédateurs, sont mangés à leur tour par d’autres organismes et aident à la pollinisation de nombreux végétaux. Du côté économique, ils font le poids malgré leur taille. Les abeilles donnent le miel; le vers à soie, la soie. Le rendement de production de plusieurs espèces végétales est amélioré par les insectes pollinisateurs. On utilise de plus en plus des insectes prédateurs (coccinelles) ou parasitoïdes (guêpes) pour diminuer les populations des ravageurs. Malheureusement, ce sont ces derniers, représentant pourtant qu’une faible proportion du nombre d’espèces d’insectes, qui occasionnent des problèmes parfois énormes et qui donnent mauvaise réputation. N’oubliez pas que si les besoins de la plante sont satisfaits (soleil, eau, éléments minéraux), elle devrait survivre à l’attaque saisonnière des insectes. Il faut néanmoins accepter les feuilles grignotées, tachées, minées. Enfin, choisir des espèces indigènes, augmente les chances que celles-ci retrouvent rapidement leur équilibre dans les maillons serrés que forment les plantes et les insectes. Et surtout, souhaitons-nous des hivers longs et froids pour freiner l’avancer d’une bonne partie des maladies tropicales transmises par les insectes. Mais ça, c’est une autre histoire... Pour obtenir d’autres informations concernant le monde des insectes, visitez le site de l’insectarium de Montréal

À bientôt France Bourgouin