Depuis maintenant près de quinze ans, Indigo s’efforce de toujours vous offrir de nouvelles espèces rares, inusitées, précieuses ou méconnues. Avec les années, le défi devient de plus en plus ardu. En effet, les espèces que nous souhaitons vous offrir au cours des prochaines années sont, bien souvent, des plantes capricieuses qui ne se laissent pas domestiquer sans efforts. Pensons aux belles orchidées, aux mousses tendres ou à certaines robustes éricacées, autant d’espèces qui séduisent les aménagistes et les jardiniers qui, fautent de disponibilités, doivent se tourner vers d’autres produits.
Les raisons de ces caprices végétaux sont multiples. Mieux les saisir nous permet d’imaginer de nouvelles façons de produire afin de possiblement vous les offrir au cours des années à venir. Pour certaines espèces, ce sont les semences qui sont rares ou difficiles à faire germer. Par exemple, nous sommes très intéressés à produire le trioste orangé (Triosteum aurantiacum), mais la difficulté d’obtenir des graines matures en quantité suffisante pour faire des essais et enfin décrypter LA bonne technique pour les faire germer freine notre bon vouloir. Pour d’autres, ce sont les interrelations avec d’autres espèces qui posent problème. Le cas des Pedicularis est caractéristique.
Pour pouvoir survivre, ces dernières doivent s’associer à une autre plante, par exemple une graminée. Il faut donc éprouver des méthodes qui permettent de cultiver ensemble les deux espèces. Les orchidées sont également des plantes qui vivent en relation symbiotique. La compagnie québécoise Planteck a développé des méthodes de culture qui permettent de sevrer les orchidées de cette dépendance. Si vous recherchez des orchidées indigènes ou rustiques, nous vous suggérons fortement de visiter leur site Internet :www.planteck.com
Chez certaines espèces, la multiplication végétative est possible, mais les semis ne donnent que peu ou pas de résultats. La chimaphile à ombelles (Chimaphila umbellata), cette belle espèce typique des forêts fraîches de conifères, fait d’ailleurs partie de ces espèces d’éricacées récalcitrantes à la propagation sexuée. Bien qu’il soit possible de produire ces espèces par bouturage, nous préférons, dans un souci de maintien de la diversité génétique de même que dans une logique de production à grande échelle, favoriser l’utilisation des semences, d’ailleurs ces espèces en produisent à profusion. Toutefois, la méthode optimale demeure à découvrir.
Une multitude d’autres facteurs entravent nos efforts de production. Certaines espèces sont si étroitement confinées à des sols particuliers qu’il devient difficile de les satisfaire. C’est le cas de certaines espèces typiques des sols contenant de la serpentine. D’autres nécessitent des conditions de germination inusitées faisant appel à des cycles de températures complexes ou à des effets de lumière spécifiques. D’autres sont si fragiles lors de leur stade juvénile que leur production exige de conditions stériles qui compliquent grandement le travail. Bref, autant de contraintes qui transforment notre travail de pépiniériste en véritable défi perpétuel. Soyez assurés que nous mettrons tout en oeuvre afin d’enfin percer le mystère des caulophylles, symplocarpes, pyroles, claytonies, médéoles, épigées, érythrones, tofeldias.....
Nous vous souhaitons un bel automne rempli de défis!