La notion de mauvaises herbes est une question de point de vue. On songe d'abord aux espèces sauvages qui se glissent dans nos jardins et nos cultures, mais avez-vous songé un seul instant que parfois ce sont nos espèces horticoles qui s’échappent dans la nature et qui deviennent envahissantes, voire même menaçantes? En effet, plusieurs espèces introduites dans nos contrées se sont ensuite propagées dans la nature assez efficacement pour représenter une menace à l’équilibre des habitats naturels. Les chercheurs estiment que parmi les quelques 300 espèces envahissantes recensées en Amérique du Nord, entre 50 et 85% sont des introductions horticoles.
Les espèces envahissantes forment souvent des colonies pratiquement pures. Ce faisant, elles délogent les espèces indigènes ce qui a pour effet de modifier les conditions des écosystèmes comme la nature du sol, le régime hydrique ou les conditions de luminosité des habitats. Parfois, les espèces envahissantes s’hybrident avec de proches parents indigènes ce qui a pour effet de polluer le bagage génétique des populations indigènes. De plus, ces espèces introduites supportent une faune et des pathogènes non indigènes qui peuvent à leur tout avoir un impact sur les habitats et leurs habitants. Les dommages causés par ces espèces paraissent surtout d’ordre environnemental, mais les coûts reliés à la lutte pour combattre ou limiter les dégâts environnementaux alourdissent davantage le tableau.
Voici quelques espèces que l’on rencontre au Québec et que l’on peut considérées à risque ou dangereuses
Anthriscus sylvestris
Coronilla varia
Fallopia japonica (Polygonatum cuspidatum)
Hesperis matronalis
Lotus corniculatus
Lythrum salicaria
Rhamnus cathartica
Robinia pseudo-acacia
Valeriana officinalis
Il s’agit d’une courte liste qui pourrait prendre des proportions plus alarmantes à mesure que la popularité des «mélanges de fleurs sauvages» bon marché augmente et que le contenu des ces mélanges n’est soumis à aucun contrôle ni analyse.
Afin de limiter l’impact des ces espèces sur les milieux naturels, il est fortement suggéré des ne pas les planter ou de les utiliser avec prudence dans des habitats urbains, loin des habitats naturels. Il est également conseillé de choisir avec circonspections les mélanges de semences qui serviront à la naturalisation afin de ne pas introduire de nouvelles espèces indésirables.