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15 févr. 2005

Aiglon Indigo

Les dix espèces indigènes les plus utiles en aménagement

Bulletin technique

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En cette saison où les remises de prix en tout genre, Jutras, Oscars, Victoires, foisonnent, nous avons choisi de vous présenter nos lauréats indigènes. Les dix espèces dont nous vous parlons ce mois-ci sont des favorites parmi les aménagistes. Leur utilité est démontrée et leurs avantages sont nombreux. Si vous n’avez que quelques espèces indigènes à intégrer à votre palette, choisissez-les parmi les suivantes :

Achillea millefolium : Cette espèce robuste est idéale pour les sols incultes et les sols secs. Elle peut contribuer à la diversification des espèces de pelouse, car elle tolère sans problème la tonte et le piétinement. Sa grande résistance à la sécheresse lui permet de demeurer verte en période de canicule alors que les graminées à gazon jaunissent à cause du manque d’eau. De plus, elle joue un rôle pour l’avifaune et l’entomofaune, tolère les embruns salins et améliore la fertilité du sol.

Anaphalis margaritacea : Dans les sols secs et minéraux, où le substrat est mince ou inexistant, peu d’espèces peuvent rivaliser avec l’immortelle. Elle est indispensable pour la réalisation de xéropaysages, ces aménagements ne nécessitant jamais d’arrosage. De plus, sa rusticité exceptionnelle lui permet d’être cultivée jusqu’en zone 1 ou d’être utilisée dans des conditions difficiles, comme en bacs ou sur un toit végétal.

Asarum canadense : À l’ombre des géants de la forêt feuillue ou de la forêt mixte, le gingembre sauvage forme des tapis qui sont parfois d’imposantes dimensions. Son utilité première est en guise de couvre-sol d’ombre, mais on lui découvre aujourd’hui des vocations nouvelles à titre de produit forestier. Ainsi, le gingembre peut être cultivé en forêt pour être récolté afin d’en extraire ses huiles essentielles. Les propriétaires d’érablières sont particulièrement enthousiasmés par ces nouvelles possibilités. Pour en savoir davantage sur d’autres produits forestiers non ligneux, visitez le centre d’expertise sur les produits agroforestiers : GRAF.

Clematis virginiana : Rares sont les espèces grimpantes qui comporte autant de potentiel. Cette clématite se cultive aussi bien à l’ombre qu’au soleil; en sol frais ou en sol sec. Son potentiel faunique est important, surtout pour l’avifaune. Elle s’utilise aussi en aménagement ornemental pour garnir, les clôtures, les treillis et les pergolas. Sa croissance est la plus rapide parmi toutes les clématites.

Desmodium canadense : Cette légumineuse de grande taille a un effet bénéfique sur le sol en plus d’être d’une étonnante beauté. Cette espèce tolère la mi-ombre et les sols argileux et se plait à merveille dans les endroits frais en bordure de cours d’eau. On l’emploie également dans des mélanges de semences pour la stabilisation des sols; son effet sur la structure du sol complémente bien l’effet des graminées.

Elymus arenarius : Le roi des sables. Sa capacité à croître dans le sable pur le rend très utile pour la stabilisation des berges du fleuve. Sa grande résistance aux embruns salins le rend apte à tolérer à merveille les environnements urbains et les abords de routes. Aucune autre espèce ne peut le substituer.

Epilobium angustifolium : Pour un fort impact visuel saisonnier dans des aménagements à grande échelle, rien ne vaut un massif d’épilobes. Sa grande taille et sa couleur voyante la distinguent. De plus, son comportement envahissant rend son établissement facile. En semences, en cellules ou en plants, elle s’implante efficacement. Sa réintroduction dans les bleuetières, permet aux abeilles indigènes de demeurer sur place pour une plus longue période surtout en compagnie de la verge d’or du Canada.

Iris versicolor : L’emblème floral du Québec n’a pas qu’une valeur symbolique. L’efficacité de cette espèce pour la stabilisation des berges est reconnue depuis longtemps. De plus, elle procure un habitat riverain plus diversifié et plus coloré. Sa tolérance aux fluctuations du niveau d’eau est grande. Elle tolère tout autant d’être submergée qu’asséchée, ce qui en fait un élément de choix dans les bassins de rétention des eaux pluviales.

Panicum clandestinum : Graminée méconnue, mais très prometteuse en aménagement. Ses larges feuilles lui donnent un port buissonnant et ornemental. Elle possède une grande capacité d’adaptation aux conditions de sols, ce qui la rend intéressante pour végétaliser les résidus miniers. Son implantation est facile par semis ou cellules et son système racinaire fibreux lui permet de stabiliser efficacement les sols, même les plus sableux.

Spartina pectinata : Son système racinaire est si dense est si puissant qu’elle rivalise avec les espèces ligneuses au chapitre de la stabilisation des sols. Ses racines peuvent atteindre près de deux mètres de profondeur et courir sur une distance de quatre à cinq mètres. Elle fournit habitat et nourriture à de nombreuses espèces animales, notamment à la sauvagine. Son port élégant et sa grande taille lui donnent un avantage ornemental indéniable. De plus, sa coloration automnale est des plus spectaculaires.