BLOGUE DÉTAIL

15 mai 2009

Aiglon Indigo

Le projet Colibri

Bulletin technique

Étiquette

Au début mai, peu de temps avant la sortie des feuilles, de nombreux ornithologues amateurs sont à l’affût et attendent l’arrivée de notre plus petit oiseau : le colibri à gorge rubis (Archilochus colubris). Parmi eux, Jacques Turgeon et Marc Bélisle sont impatients!

En 2006, à la suite de la rencontre entre M. Turgeon, ornithologue amateur passionné, et M. Bélisle, chercheur de l’Université de Sherbrooke, le projet Colibris fut mis sur pied. L’objectif de cette initiative était de mieux connaître le comportement de sélection et d’utilisation du colibri envers son habitat. Dans le cadre du projet Colibris, des observateurs ou sentinelles envoient leurs données de dates d’arrivées, de départ et d’observation d’individus bagués via le site web du projet http://www.projetcolibris.org. Les données sont ensuite compilées et représentées sur des cartes où l’on peut voir la progression des colibris au printemps. Le projet Colibris est maintenant étendu dans toutes les régions du Québec. En 2008, il y avait près de 800 sentinelles. Sur le site Internet, on peut également voir la migration de cette espèce à partir de l’Amérique centrale vers les États-Unis. De mai à août, Yanick Charest, du laboratoire de Marc Bélisle, capture les colibris dans quatre sites en Estrie afin de prendre des mesures sur les individus. À la lueur de leurs observations, la population des colibris serait en augmentation, possiblement en raison de l’installation des abreuvoirs et de la présence croissante de ses fleurs préférées dans les jardins.

Le colibri à gorge rubis passe l’hiver au Mexique et en Amérique du Sud et revient à chaque printemps après un trajet de plus de 1000 km. Hormis sa taille minuscule et sa gorge iridescente, la particularité de cet oiseau magnifique demeure sa vitesse de battement d’ailes qui atteint 55 à 75 battements par secondes et qui provoque un certain bourdonnement. D’ailleurs, il s’agit du seul oiseau qui peut reculer et voler sur place comme un insecte. Cependant, pour maintenir son énergie, il doit manger très fréquemment, de 5 à 6 repas par heure composés de nectar et d’insectes. Au Québec, les colibris sont peu présents en pleine ville et préfèrent s’établir en bordure de forêt, dans les vergers mais aussi dans les jardins. Pour créer des habitats qui leur sont favorables, on doit les attirer avec des abreuvoirs pour colibri, aménager un jardin selon leurs préférences alimentaires et être patient. Sachez que les colibris à gorge rubis sont attirés particulièrement par les fleurs roses, rouges et orange. Il apprécient notamment parmi les espèces indigènes :

Monarda fistulosa,
Lobelia cardinalis,
Epilobium angustifolium,
Agastache foeniculum,
Aquilegia canadensis,
Astragalus canadensis,
Impatiens capensis et
Physostegia virginiana.

En augmentant la diversité végétale de votre aménagement, la floraison sera plus étalée dans la saison et un plus grand nombre d’insectes sera présent. Comme les colibris à gorge rubis sont territoriaux et retournent aux mêmes sites d’alimentation année après année, il faut installer les abreuvoirs dès la mi-avril. Ils reviendront souvent s’abreuver en visitant les jardins jusqu’à la mi-juin date à laquelle commence la période de nidification. Dès la fin juillet, on note les premiers départs, surtout les mâles. Début septembre, 90% des colibris nous ont déjà quitté. Lorsque vous lirez ce bulletin, il sera probablement trop tard pour les abreuvoirs en 2009. Par contre, vous avez tout l’été pour planifier et réaliser votre aménagement pour accueillir ces oiseaux remarquables au printemps prochain.

Bonne observation!

France Bourgouin