BLOGUE DÉTAIL

15 juil. 2009

Aiglon Indigo

Le programme Défi Habitat Pollinisateur de la Fédération canadienne de la faune

Bulletin technique

Étiquette

L’été arrive malgré tout avec les légumes et les fruits frais du Québec. Que de plaisir gustatif en savourant nos fraises tant attendues. Cependant, peut-être avez-vous remarqué lors de vos cueillettes de fraises que certains fruits étaient un peu déformés. C’est le résultat d’une mauvaise pollinisation de la fleur.

Au moment de la floraison, pour obtenir un fruit, le pollen contenu dans les étamines (organe sexuel mâle de la fleur) doit être déposé sur le stigmate du pistil (organe sexuel femelle de la fleur) et atteindre les ovules pour les féconder. Chez le fraisier, les fleurs sont autofécondes, ce qui signifie que le pollen d’une fleur peut féconder les ovules de la même fleur. Chez le pommier, les fleurs sont autostériles. Le pollen d’une fleur doit être déposé sur le pistil d’une fleur d’un autre pommier (et même sur une autre variété, deux pommiers McIntosh ne peuvent donner des fruits). C’est ce qu’on appelle la pollinisation croisée. Au Québec, le transfert de pollen est effectué principalement par les abeilles domestiques (abeille mellifère), les bourdons, les abeilles indigènes et dans une proportion moins importante, par les papillons, les coléoptères et les mouches. Dans les pays tropicaux, les chauves-souris et les colibris ont un rôle semblable pour de nombreuses espèces végétales.

Cependant, depuis une vingtaine d’années, un déclin important est observé partout dans le monde chez les abeilles domestiques mais également chez les pollinisateurs indigènes. Les scientifiques croient à une synergie de plusieurs facteurs : parasites, champignons, virus, bactéries, exposition aux pesticides, perte d’habitats, pratiques agricoles, organismes génétiquement modifiés et les changements climatiques. Depuis les années 2000, le déclin s’est accentué en Europe et aux États-Unis avec l’apparition du syndrome d’effondrement des colonies d’abeille domestique (phénomène non observé au Canada pour le moment). Les apiculteurs retrouvent dans la ruche que la reine, le couvain et quelques jeunes ouvrières. Le reste de la colonie est disparu, aucune trace autour de la ruche. La production du miel en France est d’ailleurs passée de 32 000 tonnes en 1985 à 18 000 tonnes en 2005. Si rien n’est fait pour stopper le déclin, on prévoit une baisse important des rendements de nos cultures commerciales, une augmentation des prix des denrées et une perte en chaîne éventuelle de la biodiversité végétale et animale dans les écosystèmes naturels.

En Europe, plusieurs actions ont déjà été entreprises. Certains pesticides sont interdits dans quelques pays. En France, les apiculteurs installent des ruches en pleine ville et la production de miel semble bien démarrée. À Paris, il y a déjà 300 ruches dont une sur le toit de l’opéra, une sur le toit d’un musée, d’autres dans les cours des immeubles et même une ... dans un bureau privé.

C’est pour cette raison que la Fédération canadienne de la faune a lancé en avril dernier le nouveau programme Défi habitat Pollinisateurs pour faire prendre conscience à tous de notre rôle pour la conservation des pollinisateurs tant domestiques qu’indigènes. Des organismes en environnement étaient invités à organiser une conférence donnée par la Fédération Canadienne de la faune, à distribuer des semences et à créer des aménagements. Trois mélanges de semences ont été créés par Indigo pour attirer un type particulier de pollinisateur et un quatrième mélange a été conçu pour obtenir un aménagement pour les balcons.

Le mélange pour attirer les abeilles est composé de : Asclepias incarnata, Desmodium canadense, Epilobium angustifolium, Monarda fistulosa, Rudbeckia hirta, Symphyotrichum novae-angliae et Verbena hastata.

Le mélange pour attirer les papillons est composé de : Agastache foeniculum, Asclepias incarnata, Asclepias syriaca, Astragalus canadenis, Desmodium canadense, Epilobium angustifolium, Eupatorium maculatum, Eupatorium perfoliatum, Helenium autumnale, Monarda fistulosa, Rudbeckia hirta, Solidago canadensis et Symphyotrichum novae-angliae.

Le mélange pour attirer le colibri à gorge rubis est composé de : Aquilegia canadensis, Agastache foeniculum, Astragalus canadensis, Epilobium angustifolium, Lobelia cardinalis et Monarda fistulosa.

Le mélange pour les balcons est composé de : Achillea millefollium, Agastache foeniculum et Rudbeckia hirta. Toutes ces espèces sont également disponibles en multicavités 45-110. Si vous souhaitez obtenir plus d’informations sur le programme Défi Habitat Pollinisateur, veuillez contacter la Fédération canadienne de la faune à l’adresse suivante : info-quebec@cwf-fcf.org

Prochainement sur notre site, des liens internet seront ajoutés sur les divers organismes ou documents concernant la pollinisation. En attendant, voici quelques références utiles :

Handfield, L. 1999. Le guide des papillons du Québec. Broquet. Laplante, J.-P. 1998. Papillons et chenilles du Québec et de l'est du Canada. Les Éditions de l'Homme. Mondor, A. et D. Gingras. 2009. Attirer la faune au jardin. Les Éditions de l'Homme.

France Bourgouin