BLOGUE DÉTAIL

15 avr. 2004

Aiglon Indigo

Le nouveau devis d’implantation de semences

Bulletin technique

Étiquette

Depuis plusieurs années, le site Internet d’Indigo vous proposait un devis d’implantation pour prairies sauvages qui s’est avéré fort utile pour plusieurs d’entre vous. Toutefois, au fil des projets d’ensemencement et de nos recherches, nous avons accumulé une kyrielle de nouvelles informations qui méritaient d’être diffusées pour permettre à tous d’en profiter. C’est dans cet esprit qu’est né le nouveau devis d’implantation pour prairie sauvage. Ce document, qui en est à sa révision ultime, sera disponible d’ici peu sur notre site. Nous profitons donc de ce premier bulletin technique du printemps pour vous présenter les grandes lignes de ce nouveau document beaucoup plus complet et précis. Nous invitons tous ceux qui souhaitent recevoir en primeur ce document (format PDF) à en nous en faire la demande par courriel dès maintenant. Nouveau devis Indigo d’implantation de prairies sauvages Introduction Pour réussir l’implantation d’une prairie sauvage, il y a trois étapes importantes à suivre. La première étape est la planification du projet. Pour bien démarrer le projet, on doit connaître les caractéristiques du site, car le choix du mélange de semences et les travaux de préparation du sol et d’ensemencement en dépendront. Aussi, le présent outil permettra d’obtenir un devis d’implantation personnalisé adapté aux conditions du site. La deuxième étape est l’exécution des travaux décrits dans le devis. Enfin, la dernière étape propose un protocole d’entretien de la prairie sauvage. Étape 1 : Planification du projet Il faut prévoir quelques semaines pour ce travail préparatoire. Il est préférable de bien planifier le projet, plutôt que de faire face à des embûches qui repousseraient l’implantation de la prairie sauvage. Caractérisation du site Un site ensoleillé, ouvert et bien ventilé est un milieu propice à l’implantation d’une prairie sauvage. Toutefois, plusieurs autres caractéristiques importantes doivent ’tre considérées pour bien déterminer les conditions du site à ensemencer. En choisissant les caractéristiques qui se rapprochent le plus du site, vous obtiendrez un devis personnalisé concernant la préparation du sol, l’ensemencement et l’entretien de la prairie sauvage. Végétation présente

  • sol nu rapporté Si le sol est déjà à nu, par exemple une parcelle nouvellement créée par la construction, laisser reposer le sol pendant trois semaines. Cette attente permet à la croissance des végétaux encore vivants de reprendre ou à la germination des semences ainsi mises à jour de débuter...
  • peu de mauvaises herbes (<15 %) Un sol avec peu de mauvaises herbes nécessite normalement des traitements pendant une seule saison de croissance avant l’ensemencement. Il y a deux méthodes efficaces pour éliminer les mauvaises herbes. Peu importe le traitement utilisé, la végétation doit être d’abord brûlée ou coupée au ras du sol et les résidus doivent être enlevés...
  • peu de mauvaises herbes (<15%) mais présence d’espèces envahissantes La présence de mauvaises herbes envahissantes nécessite une bonne préparation du sol afin de les éliminer. Il faut prévoir une à deux années pour rendre le sol exempt de la plupart des mauvaises herbes...
  • abondance de mauvaises herbes (> 15 %) Un sol avec une abondance de mauvaises herbes est un sol très difficile à préparer. Il faut préparer le sol pendant un an au minimum, mais préférablement deux ans, en répétant les traitements...
  • arbustes et autres espèces ligneuses Par définition, une prairie sauvage est une communauté d’espèces herbacées. Lors de la préparation du sol, il est donc suggéré d’éliminer les arbustes en les coupant au ras du sol lors de la préparation du site. En labourant le sol ou en utilisant de l’herbicide, les arbustes disparaîtrons graduellement. L’absence d’arbuste rendra plus facile l’entretien de la prairie...
  • espèces à protéger Lorsque des espèces d’herbacées ayant une valeur écologique importante, telles que des espèces qui abritent des animaux, des espèces rares ou des espèces difficiles à implanter sont présentes sur le site, mettre la terre à nue ferait donc disparaître des éléments importants qui pourraient contribuer à implanter une prairie sauvage de plus grande valeur. Dans la situation où des éléments du site devraient être protégés, on suggère alors d’utiliser le sur-semis ou le semis direct...

Topographie du site

  • terrain plat Un terrain plat permet d’effectuer les travaux de labourage ou d’épandage d’herbicide avec peu de risque d’érosion du sol. Les travaux de préparation du sol peuvent débuter à l’automne ou au printemps...
  • terrain avec une faible pente (<50% ou < 1:1) Même si la pente du site est faible, le risque d’érosion est toujours présent. On recommande donc d’effectuer les travaux de préparation au printemps suivi immédiatement de l’ensemencement. Si les travaux s’effectuent à l’automne, un couvert temporaire devra être installé sur le terrain pour contrer l’érosion...
  • terrain avec une forte pente (de 50% à 100% ou de 1:1 à 2:1) Avec une pente forte, il y a plusieurs précautions à prendre pour diminuer les risques d’érosion. D’abord, on recommande d’effectuer les travaux de préparation au printemps suivi immédiatement de l’ensemencement. Si les travaux s’entreprennent à l’automne, un couvert temporaire devra être installé sur le terrain pour contrer l’érosion durant l’hiver. Lorsque c’est possible, il serait également préférable d’adoucir la pente en la reprofilant...

Texture et fertilité du sol

  • sol à dominance argileuse Un sol argileux est plus susceptible de s’éroder qu’un sol sablonneux, les particules argileuses étant plus fines et plus enclines à être emportées par l’eau ou le vent. Pour un terrain en pente, ensemencer immédiatement après la préparation du sol...
  • sol à dominance sablonneuse ou pierreuse Pauvre en élément nutritif et ayant une faible capacité de rétention d’eau, le sol sablonneux ou pierreux est néanmoins un sol propice à l’implantation d’une prairie...
  • sol à dominance limoneuse Les sols limoneux sont les sols les plus riches, retiennent bien l’eau tout en ayant un bon drainage. Ce type de sol représente les meilleures conditions pour la majorité des espèces. On retrouvera dans ces sols les plus grandes herbacées. Attention aux mauvaises herbes qui y pousseront avec bonheur...
  • sol avec résidus miniers Les sites avec des résidus miniers correspondent souvent à des sols acides avec des résidus sulfureux. Une bonne préparation du sol est donc nécessaire avant l’ensemencement. D’abord, faire un reprofilage du site pour adoucir les pentes. Ensuite, recouvrir le site de plusieurs couches d’un amendement fabriqué à base de résidus forestiers. On peut attendre un certain temps entre le recouvrement et l’ensemencement pour permettre au sol de redevenir fertile...
  • sol avec résidus d’herbicides Certains herbicides possèdent une longue rémanence dans le sol. Par exemple, les résidus des herbicides Atrazine et herbicides à base de trifluralin (Treflan, Avadex) peuvent être présents dans un champ de deux à quatre ans après une application. Dans cette situation, il est recommandé d’attendre quelques années avant d’entreprendre les travaux ...

Objectif principal du projet

  • ornemental Un projet à vocation ornementale sera axé sur l’esthétisme. Les mélanges qui conviennent à ce genre de situation doivent contenir une variété de fleurs voyantes dont les floraisons se succèdent. Il est également judicieux d’y ajouter une proportion de semences d’espèces annuelles en prenant soin de ne pas dépasser 15% en poids. La préparation du site y est encore plus cruciale que dans tout autre type de projet. Ce type de projet correspond souvent aux souhaits des particuliers qui possèdent de vastes superficies à entretenir ou encore aux municipalités qui veulent diversifier l’aspect visuel de leurs parcs et espaces verts.
  • récréatif ou utilitaire Un projet à vocation récréative ou utilitaire sera axé sur la flexibilité du site. Il doit notamment contenir des espèces robustes qui tolèrent bien le piétinement. Par exemple, le long d’une piste cyclable ce mélange offrira un bon couvert diversifié qui exigera peu d’entretien. Il est également souhaitable de pouvoir tondre ce mélange sans pour autant contrevenir au bon développement de la prairie. Ainsi, le site peut être fauché pour accueillir un événement particulier de brève durée et reprendre sa croissance en prairie une fois l’événement passé. Les projets correspondant à ce genre de vocation sont le plus souvent des espaces publics tels que les abords routiers ou des espaces verts à entretien minimum.
  • écologique Un projet à vocation écologique sera axé sur les caractéristiques biologiques du site. Les espèces indigènes à la région y sont habituellement privilégiées et les espèces envahissantes sont éliminées. La création d’habitats fauniques constitue souvent un objectif majeur de ce genre de projet. Si le site comprend déjà un certain nombre d’espèces souhaitées, il est judicieux de considérer l’implantation par sur-semis afin de conserver ces espèces. Pour déterminer si c’est le cas, il est souhaitable d’avoir en main un inventaire floristique du site ou tout au moins de la région. Les écoles et les centres d’interprétation de la nature sont souvent intéressés par ce genre de projets qui permettent entre autres d’illustrer le phénomène de succession écologique et de sensibiliser le public à l’environnement.

Superficie

  • inférieure à 100 m2 On ne recommande pas l’établissement d’une prairie sauvage sur une surface dont la superficie est inférieure à 100 m2, car il est difficile, voire impossible, de créer un équilibre naturel dans de si petites superficies...
  • entre 100 m2 et 1000 m2 Sur une petite superficie, il est suggéré d’installer un plastique noir ou d’autres objets (carton, panneau de bois), qui empêcheront l’eau et la lumière d’atteindre la végétation, pendant une saison de croissance entière ou jusqu’à dépérissement complet de la végétation. Ensuite, retourner le sol avec un rotoculteur. En ce qui concerne une pelouse avec peu de mauvaises herbes, il suffit de détourber le site et de retourner le sol avec un rotoculteur. Sur un site plus vaste, d’autres méthodes doivent être utilisées telles que le labourage ou l’épandage d’herbicide...
  • supérieure à 1000 m2 Sur une superficie supérieure à 1 000 m2, on recommande de préparer le sol en labourant ou en épandant de l’herbicide...

  Ensoleillement

  • ombre (moins de 4 heures) Si le site se situe à l’ombre, nous déconseillons l’implantation d’une prairie sauvage par ensemencement...
  • semi ombragé (entre 4 et 6 heures) ou soleil filtré en permanence Habituellement, plus de six heures de soleil par jour sont nécessaires à l’implantation et à la floraison d’un mélange de semences. Toutefois, notre mélange Indigo Mi-ombre innove en proposant une recette qui donne de très bons résultats avec aussi peu que deux à six heures de soleil direct ou encore un soleil filtré en permanence...
  • ensoleillé (plus de 6 heures) Un site ensoleillé est tout indiqué pour implanter une prairie sauvage. Nous avons plusieurs mélanges de semences qui s’établissent bien dans un site ensoleillé. Ces mélanges se diffèrent par le type de sol et par la vocation du site...

Étape 2 : Exécution des travaux Préparation du sol La préparation du sol est l’étape la plus importante de l’implantation d’une prairie sauvage. Les espèces non désirables doivent être éliminées avant l’ensemencement sinon elles entreront en compétition avec les espèces du mélange. Certains types de sol doivent être amendés pour permettre la germination et la croissance de végétaux. L’objectif est de mettre la terre à nue le plus possible afin de s’assurer d’obtenir le meilleur contact sol-semences... Ensemencement Après la préparation du sol, le site est maintenant prêt à être ensemencé. La vulnérabilité des semences à la sécheresse, incite fortement à un ensemencement dans la période la plus humide de l’année, soit tôt au printemps et à l’automne. À ces moments, la pluie est plus abondante et répond aux besoins de la prairie. Surveiller les conditions météorologiques pour ensemencer avant un épisode de pluie. Pour augmenter le taux de germination des semences, il est important d’obtenir un bon contact entre les semences et le sol. Il existe plusieurs techniques d’ensemencement... Pour assurer la meilleure distribution possible du mélange de semences, semer une première moitié du mélange en parcourant le site dans un sens seulement, par exemple d'est en ouest, semer ensuite la seconde partie du mélange en parcourant perpendiculairement le premier parcours, par exemple du nord au sud... La compaction du sol est une étape très importante. La croûte ainsi formée maintient l’humidité à la surface prévenant de ce fait l’assèchement de la semence. La compaction du sol assure également un bon contact entre la semence et le sol. Utiliser un rouleau manuel à demi rempli d’eau. Le pied ne devrait pas s’enfoncer à plus d’un centimètre et demi dans le sol. Il est important de rouler par temps sec sur un sol sec, sans quoi le sol et les semences pourraient adhérer au rouleau... L’ensemencement diffère quelque peu selon la topographie du site et selon la texture du sol... Les taux d’ensemencement pour l’implantation d’une prairie sauvage diffèrent de ceux recommandés pour les mélanges à gazon et les mélanges de couvre-sol. De plus, ils varient en fonction du type de mélange et de l’habitat de 40 à 250 kg à l’hectare...   Ensemencement sur un terrain plat ou avec une faible pente   Pour un site plat ou avec une faible pente, l’ensemencement peut s’effectuer dès la fin des travaux de préparation du sol soit au printemps après le dégel ou à l’automne, de septembre jusqu’à ce que le sol gèle. Sur un terrain de moins d’un hectare ensemencer à la main ou avec un épandeur mécanique manoeuvré à la main. Ensuite, incorporer immédiatement la graine dans le sol au râteau et compacter le sol... Si l’ensemencement se réalise avec l’épandeur mécanique tracté, ensemencer lorsque le dernier traitement pour la préparation de votre sol sera terminé. Parcourir le site à deux reprises dans des directions perpendiculaires, en utilisant une moitié du mélange de semence et de matière inerte pour chaque direction. Après l’ensemencement, incorporer immédiatement la graine dans le sol au r‚teau ou à la machine et compacter le sol... Pour un ensemencement à l’automne, la plantation d’une plante abri à croissance rapide dont la germination se produit à l’automne préviendra l’érosion durant l’hiver ... Ensemencement sur terrain avec une forte pente Pour un site avec une forte pente, il est préférable d’ensemencer immédiatement après les travaux de préparation du sol. Les risques d’érosion s’accroissent si le sol est à nu. Ainsi, il est souhaitable que les travaux de préparation se terminent au printemps. Si les travaux se terminent à l’automne et que l’ensemencement est prévu qu’au printemps seulement, un couvert temporaire devra être ensemencé... Si la pente du site est de plus de 45 degrés ou que la manoeuvre de la machinerie s’avère difficile, l’ensemencement hydraulique est la méthode la plus pratique pour l’ensemencement. Le paillis présente plusieurs avantages sur un terrain en pente. Sur un sol fraîchement ensemencé, le paillis conserve l’humidité et réduit l’érosion du sol. Il faut s’assurer toutefois que le paillis soit biodégradable, non toxique et exempt de mauvaises herbes. Nous recommandons les paillis commerciaux à base de cellulose. Il est fortement conseillé de semer une plante abri à croissance rapide dans un sol en pente. Cela permet de stabiliser le sol du site en pente pour contrer l’érosion... Dans un site en pente, il peut arriver que les conditions hydriques soient différentes en bas, au milieu et en haut de la pente. Dans cette situation, pour obtenir de meilleurs résultats, il est recommandé de choisir un mélange différent pour chaque section de façon à associer les espèces les mieux adaptées aux conditions présentes dans le sol. Étape 3 : Entretien   Il ne faut pas s’attendre à obtenir un beau champ fleuri durant la première année de croissance. La floraison de la majorité des espèces ensemencées prendra plusieurs années. Au début, les plantes indigènes ne mesureront que quelques centimètres. Elles établissent leur système racinaire afin de survivre aux conditions de sécheresse, de vent et de broutage auxquelles est soumise une prairie. La croissance de la partie aérienne de la plante s’observera davantage durant la seconde année suivant l’ensemencement. Mais ce n’est qu’à la troisième année que la plupart des plants fleuriront. À ce moment, les mauvaises herbes devraient être moins abondantes et devraient disparaître au cours des prochaines années. L’implantation d’une prairie requiert donc de la patience. Pour une prairie en santé, prévoir de 5 à 10 ans. Toutefois, le succès repose sur un bon arrosage dans les premiers mois suivant l’ensemencement et sur le contrôle des mauvaises herbes pendant les trois premières années. Irrigation Pour une germination optimale, il vaut mieux arroser légèrement, mais fréquemment. Rien ne sert d'arroser en profondeur, car il n'y a pas encore de racines dans le sol pour profiter de cette eau et cela risquerait même de lessiver une partie des semences particulièrement si le sol est en pente. S'il pleut à tous les cinq à 6 jours cela devraitêtre suffisant. La période sans pluie peut même s'étirer davantage si le temps est frais et couvert...   Première année La notion de contrôle est bien importante. En effet, il s'agit davantage de minimiser l'impact des mauvaises herbes plutôt que de complètement les éliminer... Deuxième année... Troisième année et années subséquentes... Ce ne sont là que les grandes lignes de ce nouveau document technique. Le nouveau devis sera disponible d’ici peu et nous vous en aviserons dès qu’il sera en ligne. À bientôt