Parmi les graminées indigènes, aucune n’atteint le degré de splendeur du barbon de Gérard (Andropogon gerardii). Nommée en l’honneur de Louis Gérard, botaniste français du 18e siècle, cette plante possède de grandes tiges qui peuvent dépasser deux mètres et de jolis épis floraux soyeux qui n’ont rien à envier aux graminées ornementales. Ces épis sont divisés en trois brins distincts qui leur donnent l’apparence amusante d’une patte de poulet, ou de dinde, si l’on se fie à son nom anglais de turkey-foot. Dans son habitat, plus souvent au Québec les prairies humides et les berges des grands cours d’eau, cette espèce nourrit plusieurs insectes bénéfiques et permet à certains petits mammifères de s’abriter dans ses chaumes. De plus, elle constitue un perchoir de choix pour certaines espèces d’oiseaux riverains dont les rares bruants sauterelles et troglodytes à bec court. Bien que peu abondante dans l’ensemble du Québec, on retrouve cette graminée en population d’assez bonnes tailles dans plusieurs régions du sud du Québec, dont la Montérégie, l’Outaouais et l’Estrie. Bien souvent, en fin de saison, elle dépasse la végétation herbacée environnante, ce qui permet de la repérer plus aisément.
Des qualités appréciées
Les aménagistes apprécient le barbon de Gérard pour ses qualités décoratives, mais il est important de ne pas négliger ses propriétés techniques. Son système racinaire est d’une profondeur considérable et permet une stabilisation efficace des berges. De plus, sa capacité à tolérer d’importante fluctuation du degré d’humidité du sol en fait une plante de choix pour les bassins de rétention des eaux pluviales de même que pour les jardins de pluie et les zones de bio-rétention. Son abondant feuillage permet de créer des écrans visuels ou de l’utiliser comme toile de fond dans un aménagement paysager. Il est important de noter que c’est une espèce qui croit mieux par temps chauds et que son démarrage, bien que plus lent en début de saison, est compensé par une croissance vigoureuse en plein été. Son port élancé et sa croissance cespiteuse (en touffe) la rendent parfaitement indiqué pour les aménagements paysagers, car elle est élégante et non envahissante. Bref, il s’agit d’une espèce de choix, tant pour les travaux ornementaux que pour les projets de restauration écologique.
Fiche technique
Famille : poacées (graminées)
Nom latin : Andropogon gerardii Vitman Synonyme†: Andropogon furcatus M¸hl.
Nom anglais : big bluestem
Rusticité : zone 4
Lumière : plein soleil
Floraison : juillet à octobre
Hauteur minimum : 90 cm
Hauteur maximum : 200 cm
Largeur : 50 cm
Taux de plantation au mètre carré : 5 à 10 plants au mètre carré
Humidité : sol frais ou humide.
Habitat : alluvions sablonneux.
Combinaisons indigènes : Verbena hastata, Rudbeckia laciniata,
Phytolacca americana, Desmodium canadense.