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15 juil. 2011

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La qualité, en dessous et au dessus!

Bulletin technique

Étiquette

Tous les aménagistes et les jardiniers souhaitent obtenir des prairies sauvages luxuriantes et colorées. Toutefois, lors de la conception de tels aménagements, on oublie trop souvent que pour atteindre rapidement cet idéal, il faut se soucier encore davantage de ce qu’il y a en-dessous que de ce qui est au-dessus. Alors, avant de penser aux semences, penchons-nous sur le sol.

Le sol vivant La partie la plus fertile et vivante d’un sol se situe en surface, dans les premiers 30 cm. C’est là que se situe la matière organique ainsi qu’une part importante de la faune et de tous les microorganismes (algues, champignons, bactéries, protozoaires, vers de terre, etc.) qui décomposent la matière organique, rendent disponible les nutriments et produisent les hormones favorisant la croissance des plantes. Ce sont tous ces processus qui rendent un sol fertile et productif. C’est cette couche de terre qui est souvent appelée "terre végétale". À plus de 50-100 cm de profondeur, le sol ne contient plus de matière organique et très peu de microorganismes. Ceci rend très difficile la survie des plantes.

Prendre des précautions Lors de la réalisation d’un projet, il est opportun de mettre de côté la couche de terre fertile superficielle dès le début des travaux. En procédant ainsi, cette terre pourra être étendue en surface du site à la fin de travaux avant de le revégétaliser. Trop souvent, les devis ne précisent pas cette opération avec pour conséquence que la terre de surface est vendue ou mélangée au reste. On perd ou on réduit alors considérablement la richesse du sol. Une fois les travaux terminés, on se retrouve avec une terre à peu près sans vie contenant très peu de matière organique. En semant ou en plantant dans un tel sol, on obtient à coup sûr des résultats insatisfaisants. Le processus pour ramener la vie et la fertilité d’un sol est très long à rétablir. Il faut prévoir plusieurs années si on n’intervient pas.

Interventions possibles

Terre végétale

Pour revégétaliser un sol contenant peu ou pas de matière organique, il est recommandé de prévoir l’ajout de 10 à 15 cm de terre végétale en surface. Idéalement, cette épaisseur de terre sera légèrement incorporée à la terre déjà en place afin d’éviter de créer deux strates distinctes (ce qui peut provoquer de l’érosion sur les sites en pente).

Génie écologique

Sur de grandes superficies, il est également possible de ramener la vie dans un sol par l’application de bouillies contenant différents mélanges de fibres de bois, mycorhizes, fumier de volailles, etc. Cette technique est fréquemment utilisée pour ramener la vie sur des sols dégradés tels que les résidus miniers ou simplement les sols très pauvres ou très sableux. Plusieurs hydro-ensemenceurs se spécialisent dans ce domaine.

Une question de temps! Les espèces indigènes sont résistantes et bien adaptées à nos conditions, toutefois, il leur faut tout de même de la matière organique et des nutriments pour vivre! Pour l’établissement d’une prairie sauvage à partir de semences, il faut généralement 3 ans avant d’obtenir un effet intéressant sur un sol adéquat. Sur des sols très pauvres contenant peu ou pas de matière organique, il faut 5 ans ou plus avant d’obtenir un résultat similaire. Les aménagistes sont heureux d’opter pour des produits indigènes locaux mais semblent croire que la vigueur de ces espèces adaptées au climat local n’exigera pas une préparation de site aussi exigeante en termes de matière organique, d’irrigation et d’entretien. Erreur. Faites fructifier vos achats de semences en investissant également dans la préparation d’un sol propice à leur croissance. En planifiant bien la gestion des sols, il est possible d’y arriver à moindre coût afin d’assurer plus rapidement la satisfaction des clients!