"Au cours des dernières décennies, des lois ont été promulguées un peu partout dans le monde pour protéger les animaux en captivité. On reconnait ainsi aux animaux dans les zoos et les cirques le droit de vivre dans un environnement confortable, un milieu adapté à leur nature, même s’ils sont enfermés dans des cages. Et pourtant, notre société nie ces mêmes droits aux enfants, qui passent leurs journées dans des établissements blafards et sans vie." Stephen R. Kellert, co-directeur du Hixon Center for Urban Ecology de l’Université Yale.[1]
Bien que les propos de Stephen R. Kellert servent d’abord et avant tout à créer une image-choc exempte de nuances, il est vrai que nos établissements scolaires sont loin de constituer des milieux favorisant le contact des jeunes avec la nature. D’après François Cardinal, auteur du formidable essai "Perdus sans la nature", "la disparition progressive de la nature dans la vie de nos enfants aurait un impact majeur sur leur santé, mentale et physique, d’ailleurs jugée de plus en plus préoccupante. On évoque l’obésité, mais aussi les déficits de l’attention, la haute pression, le diabète, l’asthme, etc."[2] Un constat qui a de quoi faire frémir, mais pour lequel, nous de l’industrie horticole, avons des solutions à proposer.
Dans le cadre du réaménagement de leur cour d’école, les élèves et employés de l’école du Plein-Cœur de Richmond ont mis sur pied un volet d’aménagement paysager. À partir des espèces contenues dans la Collection Indigo Cour d’école au soleil, un comité formé d’enfants et d’adultes qui fréquentent la cour de l’école ont ciblé les endroits stratégiques à aménager. Un plan a été réalisé avec l’aide d’Indigo et un calendrier des travaux a été rédigé par la direction et le comité des élèves de l’école.
Afin de préparer les zones destinées à recevoir les plantes de la Collection, l’école a fait appel à un organisme local favorisant la réinsertion de jeunes décrocheurs de même qu’aux élèves d’un programme adapté en horticulture destinée aux adultes présentant une déficience intellectuelle. Le plus gros des travaux de préparation du site fut réalisé par ces précieux aides. Assistés de parents bénévoles, les élèves se sont succédé pendant deux jours sur le terrain afin de procéder à la plantation, d’arroser les plants et de les protéger à l’aide de paillis d’écales de sarrasin. Plus de 1000 plants d’espèces indigènes ont ainsi été mis en terre avec grands soins et amusement!
La plantation s’est effectuée vers la fin de l’année scolaire 2010-2011. Déjà, lors de la rentrée de septembre 2011, la croissance des plantes s’avérait formidable et tous étaient ravis d’avoir contribué à cette magnifique platebande indigène ornant un pan de mur entier le long de la cour d’école. Ce qui était jadis un simple espace gazonné sans intérêt est devenu un espace de vie et de fierté pour les élèves. Ces derniers ont d’ailleurs été associés par classe à une espèce en particulier, ainsi, certains connaissent plus intimement l’iris à pétales aigus, d’autres l’orge agréable, mais tous bénéficient d’un cadre de vie plus agréable. De légers travaux d’entretien sont requis périodiquement et les classes se les partagent au fil de l’année.
La Collection Cour d’école contient également des plantes grimpantes, plus de 180 plants, que les élèvent ont installés au pied des clôtures "Frost" qui délimitent la cour. Les propriétés voisines bénéficieront bientôt d’un peu plus de quiétude et les enfants d’un cadre de vie plus vert et d’apparence moins contraignante. Bref, voici un exemple concret de projet tout simple qui procure d’importants bénéfices à court et à long terme.

"L’odeur de la fleur a un effet pédagogique qui te permet de te souvenir de cette espèce beaucoup plus facilement que si tu l’as vue en deux dimensions dans un livre."[3]
[1] Kellert, Stephen R., cité par Cardinal, François. Perdus sans la nature. Québec Amérique. 2010. p.115
[2] Cardinal, François. Perdus sans la nature. Québec Amérique. 2010. p.29
[3] Michel Leboeuf, biologiste, vulgarisateur scientifique et auteur du guide Famille nature, cité par Cardinal, François. Perdus sans la nature. Québec Amérique. 2010. p.109