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15 sept. 2012

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Je te remplace

Un peu de tout

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 La FIHOQ lance ces jours-ci son programme de lutte aux plantes envahissantes "Je te remplace". Ce programme, mis sur pied grâce à la contribution financière d’Environnement Canada et de la FIHOQ, est le fruit d’un effort concerté de nombreux organismes dont le ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs (MDDEP), le Syndicat des producteurs en serres du Québec (SPSQ), l’Association des producteurs en pépinières (AQPP) et l’Institut québécois pour le développement de l’horticulture ornementale (IQDHO). Alimenté par le professeur Claude Lavoie, chercheur de renom spécialiste de la question des plantes envahissantes, le comité a statué sur les espèces envahissantes à proscrire d’un point de vue horticole, puis a proposé une série de plantes de remplacement adéquates. Ces espèces, ainsi que l’esprit et les objectifs du programme, sont décrites dans divers outils promotionnels destinés au grand public et aux professionnels de l’aménagement, dont un site Internet www.plantesenvahissantes.org et un dépliant.

 

 

Heracleum mantegazzianum, la berce du Caucase, une des espèces ciblées par le programme.

Et les indigènes dans tout ça?

Indigo a fait partie du comité de travail de "Je te remplace". Considérant l’intérêt que nous portons à ce sujet depuis nombre d’années (voir bulletin mai 2003 flora non grata dans le blogue), l’invitation de la FIHOQ à siéger à ce comité était plus que bienvenue. Chez Indigo, nous sommes persuadés que l’utilisation des espèces indigènes est l’une des solutions les plus efficaces pour empêcher l’introduction de nouvelles espèces envahissantes. D’ailleurs, de nombreux programmes similaires au Canada et aux États-Unis se prononcent sur les avantages des indigènes en la matière. La FIHOQ, représentant l’industrie horticole dans son ensemble, a préféré ne pas se prononcer sur le sujet, néanmoins le programme propose 8 espèces indigènes de remplacement parmi les 12 espèces suggérées.

Un outil à appuyer

Naturellement, le programme constitue seulement un outil de sensibilisation destinée à encourager de bonnes pratiques. Aucun règlement n’appuie la démarche de "Je te remplace" à l’heure actuelle hormis les règlements de l’Agence canadienne d’Inspection des Aliments. À l’aube de profonds bouleversements climatiques qui vont très certainement accélérer le phénomène des plantes envahissantes, il serait grand temps que nos ministères de l’Environnement se dotent de listes de plantes envahissantes plus actuelles et de programmes de prévention et répression plus musclés. L’industrie dans son ensemble devra adhérer à la cause afin de faire de cette démarche un succès. Les premiers choix proposés par le comité sont en quelque sorte des évidences qui portent peu à conséquence pour l’industrie. Par exemple, peu de producteurs ou de paysagistes offrent à leurs clients des châtaignes d’eau et de la berce du Caucase. Leur bannissement ne devrait pas perturber qui que ce soit. Par contre, qu’en sera-t-il lorsqu’il faudra se prononcer sur des espèces à la fois hautement envahissantes et très prisées en horticulture, comme c’est le cas pour l’érable de Norvège. Laisserons-nous l’industrie écouler ses inventaires avant de stopper la machine? Sinon, y aura-t-il des compensations pour les producteurs qui accepteront de se défaire de leurs stocks? Comment départagerons-nous les intérêts de chacun dans cette démarche? Aussi bien intentionnée soit-elle, la FIHOQ qui agit comme maître d’œuvre dans ce projet n’a ni la neutralité adéquate, ni la possibilité de dédommager les producteurs qui souhaiteraient activer le retrait des espèces envahissantes du marché. Espérons toutefois que la Fédération trouvera dans le nouveau gouvernement une oreille attentive auprès du MAPAQ et du MDDEP afin de rendre ce programme réellement efficace. Bref, nous vous invitons fortement à prendre connaissance du site Internet et de l’ensemble des outils de la campagne qui sont très bien faits. Seul bémol à souligner, on trouve peu de renseignements sur les méthodes d’éradication efficaces et sur les précautions à prendre pour limiter la propagation à partir des déchets. Les gens voudront certainement éventuellement non seulement éviter de les planter, mais aussi les éliminer et en cela, le programme nous laisse un peu sur notre quant-à-soi. Heureusement, d’autres ressources comblent cette lacune dont les fiches d’Union Dt-Laurent Grands Lacs ou encore certains sites américains dont celui du Forest Invasive Plants Ressource Center pour l’Hesperis matronalis.

Ferez-vous la lutte?