Dans un bulletin précédent, nous avions parlé de l’augmentation de la biodiversité végétale pour rétablir l’équilibre écologique de votre jardin. Ainsi, en augmentant le nombre d’espèces, cela permet un apport supplémentaire de proies, de ressources alimentaires, d’abris, de sites de ponte. La chaîne alimentaire se complexifie et le petit écosystème de votre jardin tendra vers un état d’équilibre. Pour des projets d’aménagement ou de renaturalisation, il existe de nombreuses espèces adaptées à chaque milieu. Par contre, en milieu agricole, et particulièrement dans les monocultures, l’équilibre est difficilement atteignable, ce qui nécessite le recours aux pesticides pour contrôler les insectes ravageurs.
À la suite de l’initiative d’un pomiculteur voulant diminuer sa dépendance aux pesticides, une équipe de recherche de l’Irda (Institut de recherche en agro-environnement), en partenariat avec l’Uqam et le Club agroenvironnemental de l’Estrie, a implanté des haies de vivaces indigènes au beau milieu de trois vergers de pommiers en Estrie. Cette équipe mesurera au cours des années 2007 et 2008 l’impact de cette implantation sur la répression des insectes nuisibles et sur l’augmentation de la richesse et de la diversité des insectes bénéfiques.
Les végétaux utilisés, Heracleum maximum, Solidago canadensis et Achillea millefolium, ont été choisis pour leur pouvoir attractif d’insectes bénéfiques, pour leur rusticité et pour leur facilité d’entretien. Cette combinaison permet également d’obtenir une floraison étalée pendant la saison et des plants de hauteurs différentes. Heracleum maximum, la plus grande, atteint une hauteur maximale de 300 cm et fleurit entre juin et août. Solidago canadensis est en fleur plus tard, soit entre juillet et septembre, et atteint un maximum de 150 cm. Achillea millefolium, la plus petite, avec 40 cm maximum fleurit sur une longue période, soit de juin à septembre.
La densité des principaux ravageurs, soit l’hoplocampe des pommes, la punaise terne, les pucerons, les cicadelles, les tordeuses (TBO, TBR, carpocapse) et les acariens phytophages, de même que celle de leurs ennemis naturels, seront évaluées pendant deux ans dans les haies, dans les zones témoins et à divers points d’éloignement des haies et des zones témoins.
C’est un projet très prometteur auquel Indigo collabore à titre de conseiller à l’établissement de la haie. Nous évaluerons la méthode la plus efficace pour établir une haie en minimisant les coûts et l’entretien à long terme.
En France, des chercheurs de l’INRA ont observé, dans les forêts de pin, une réduction des dommages causés par la pyrale du tronc et la processionnaire du pin en implantant des îlots de feuillus. Cette réduction s’explique, entre autres, par l’apport supplémentaire de proies de complément et d’abris pour les ennemis naturels, mais aussi par l’interférence olfactive des feuillus qui crée une sorte de barrière empêchant les ravageurs de trouver leur hôte, le pin.
En résumé, toute augmentation de la biodiversité végétale, tant en milieu agricole que non agricole, aidera à restaurer les communautés d’insectes et diminuera la dépendance aux pesticides. Ces dernières années, beaucoup de projets foisonnent un peu partout pour recréer des milieux naturels. Il existe une volonté réelle d’atteindre un meilleur équilibre dans les écosystèmes. À bientôt
France Bourgouin