Depuis plus de cent ans, les provinces canadiennes ont puisé à même leur flore des espèces typiques en guise d’emblème floral. En effet, en 1901, la province de la Nouvelle-Écosse désignait l’épigée rampante (Epigaea repens) à titre d’emblème floristique de la province. Tour à tour, les onze autres provinces et territoires ont procédé à des désignations d’emblème floral qui, au même titre que le drapeau et les armoiries, jouissent d’un statut juridique particulier et sont inscrites dans la loi. Ces végétaux emblématiques ont toujours été des espèces indigènes représentatives de la flore locale. Seul le Québec fit figure distincte en nommant en 1963 le lis blanc, une plante indigène du sud de l’Europe et de l’Asie Mineure. Ce n’est qu’en 1999 que fut consacrée pour le Québec une espèce indigène à titre d’emblème floral. L’iris versicolor venait ainsi rétablir la logique nationale courante qui veut que l’emblème désigné soit une espèce sauvage présente spontanément sur le territoire qu’elle symbolise. Le rôle principal de ces emblèmes est de représenter symboliquement la collectivité et son territoire. L’emblème permet également la mise en valeur du patrimoine naturel régional. Dans les documents du Gouvernement du Québec, on peut effectivement y lire que la désignation de l’iris versicolor s’est faite dans une perspective de valorisation de la flore indigène québécoise. Les retombées de ces nominations sont tangibles à plusieurs plans.
Au Québec, la récente désignation de l’iris versicolor semble avoir eu un impact se traduisant par une hausse des interventions visant à reconnaître des emblèmes floristiques. De nombreux regroupement et municipalités ont entrepris des démarches en ce sens. Mentionnons :
Il est intéressant de noter que les espèces choisies ne sont pas toujours des espèces indigènes, le lilas étant une espèce cultivée et la gaillarde et l’ancolie vulgaire des espèces introduites naturalisées. Toutefois, il s’agit d’espèces faisant partie depuis longtemps du paysage local. Certains organismes ont opté pour la nomination d’espèces horticoles à titre d’emblème allant même jusqu’à choisir des cultivars. C’est le cas de la municipalité de Trois-Pistoles qui a désigné l'hémérocalle "black eyed stella" et de la municipalité de Rivière-du-Loup qui a adopté l’astrantia à titre d’emblème. On peut déplorer toutefois que ces emblèmes risquent davantage d’avoir un impact limité à l’aspect horticole. Pour procéder à la désignation d’un emblème floral, on observe différentes façons de faire.
Par le passé, Indigo a épaulé la MRC du Val-Saint-François dans le processus de sélection de son espèce emblème en effectuant une sélection de quatre espèces indigènes représentatives qui ont ensuite été soumises au vote populaire par le biais des journaux et des écoles. Ainsi, la MRC a procédé à l’adoption de l’aster de la Nouvelle-Angleterre à la recommandation de sa table de la culture, laquelle coordonnait les démarches. Quelques conseils pour procéder à l’adoption d’une espèce emblème
Finalement, sachez qu’à l’instar de la municipalité de Rivière-du-Loup, il est possible de procéder à l’enregistrement de sa fleur emblème auprès de la Fédération d’horticulture et d’écologie du Québec afin de confirmer l’exclusivité de son utilisation.