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15 mars 2008

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Coup d’oeil sur le scirpe noirâtre

Portrait de plante

Étiquette

Le scripe noirâtre (Scirpus atrovirens) est une espèce vivace qui pousse seule ou en petites colonies serrées. Ses tiges triangulaires brillantes ne forment aucun embranchement ce qui procure à la plante un aspect dynamique intéressant. Le feuillage, peu abondant, est formé d’étroites feuilles alternes pouvant atteindre une quarantaine de centimètres de longueur. Rarement plus nombreuses que 6 ou 8 par plant, ces feuilles ont un quelconque aspect souple et élégant. La floraison consiste en une ombelle composée qui ressemble à une explosion d’étoiles. Les fruits prennent une coloration foncée brune noirâtre et peuvent persister jusqu’aux neiges

Il s’agit d’une espèce commune que l’on retrouve dans tout le Québec tempéré. Elle est adaptée à des conditions très variables. On la retrouve ainsi tout autant dans des sols à dominance argileuse que sableuse ou graveleuse, riche ou pauvre en matière organique. L’habitat de prédilection du scripe noirâtre est la prairie riveraine, cette plaine de débordement inondée au printemps et lors des grandes crues, mais constituée de terre ferme le reste de la saison. Par conséquent, elle se retrouve bien souvent entre les marais et les forêts riveraines ou encore le long des cours d’eau.

On peut faire du scirpe noirâtre une utilisation variée. Sa tolérance à l’inondation prolongée, de même que son système racinaire fibreux le destine parfaitement à l’aménagement des berges. Il figure d’ailleurs à la récente liste officielle des végétaux recommandés pour l’aménagement des berges publiées conjointement par le MDDEP et la FIHOQ. Sa vigueur et son adaptabilité sont tels qu’il peut servir à restaurer les habitats humides les plus dégradés. De plus, son potentiel faunique est appréciable tant pour les oiseaux, spécialement pour la sauvagine, que pour certains mammifères herbivores de milieux humides. En aménagement paysager, il convient parfaitement aux jardins d’eaux et aux abords de plans d’eau. La seule chose à craindre étant le manque d’humidité du sol qui causera un jaunissement du feuillage. En bref, on peut dire de cette espèce qu’elle est exceptionnelle pour la restauration des milieux humides et qu’en cette période de revitalisation des berges dénudées tout aménagiste devrait l’intégrer à sa palette.
Fiche technique
Famille : Cypéracées
Nom latin : Scirpus atrovirens Willd.
Nom anglais : Green bulrush
Rusticité : Zone 2
Lumière : Plein soleil ou ombre légère
Floraison : juin-juillet
Fructification : juillet-août
Hauteur minimum : 30 cm
Hauteur maximum : 150 cm
Largeur : 25 à 45 cm
Taux de plantation au mètre carré : 5 à 15 plants au mètre carré
Humidité : sol humide ou détrempé. Tolère l’inondation saisonnière.
pH : 4 à 8
Habitat : Prairie riveraine, prairie humide, plaine de débordement, marais, fossés.
Usages : Restauration de milieu humide, filtration des eaux de surface aux abords des plans d’eau, jardin d’eau, habitat faunique.
Association indigène : Calamagrostis canadensis, Carex spp., Iris versicolor, Scirpus spp.
Association horticole : Eupatorium spp., Chelone spp., Lysimachia spp. Bon printemps, bien que l’on doute de son arrivée !