Description Alors qu’il était parmi les Hurons en 1624, le Père Gabriel Sagard écrivit au sujet de «plusieurs autres sortes de petits fruits et de baies qui entrent dans la préparation de mets délicieux. Parmi ces fruits, il y en a des rouges qui rappelle la couleur du corail et qui poussent pratiquement sur le sol en petits bouquets de quelques feuilles qui font penser au laurier.» Nul doute que cette description correspond au quatre-temps. Cette espèce vivace très rustique est présente partout au Québec dans les forêt de conifères, sur les rochers de nature acide de même que dans les tourbières. Le quatre-temps et son proche parent le cornouiller de Suède sont les tout-petits d’une famille composée principalement d’arbustes. Ces deux espèces n’ont que leurs tiges souterraines qui sont ligneuses. Les tiges aériennes, elles, sont réduites à de petits bouquets de quatre ou six feuilles, dépendant de la maturité du plant, qui semblent regroupées en collerette autours d’une inflorescence blanche plutôt voyante. Chaque fleur est en réalité un groupe de très nombreuses fleurs minuscules centrées entre quatre pétales blancs, qui sont en réalité des bractées. Utilisation Toutes ces subtilités botaniques n’entravent en rien la beauté du quatre-temps et ce n’est pas strictement sur le plan botanique que cette espèce se démarque. En aménagement, elle vient répondre à une contrainte fort courante, nottament dans les Laurentides, la présence de sols acides. Sous les conifères, à même le paillis d’aiguilles, le quatre-temps constitue un couvre-sol des plus élégants. Les tiges d’un plant peuvent atteindre plus d’un mètre de large, mais il est préférable de le planter beaucoup plus densément (15 à 20 cm centre à centre) afin d’obtenir un effet couvre-sol intéressant. Sa croissance lente n’est pas un obstacle à sa culture, car là où elle croît, la compétition des mauvaises herbes est faible puisque celles-ci ne tolèrent pas les sols acides. Dans un jardin d’éricacées, elle sera très à l’aise en compagnie des azalées, kalmias et rhododendrons. D’ailleurs pour admirer un telle composition, les visiteurs du jardin botanique de Montréal peuvent se rendre dans le très intime Jardin Leslie-Hancock qui se cache au sein de l'arboretum. D’autres espèces de couvre-sol indigènes se cultivent bien en compagnie du quatre-temps, mentionnons entre autres le thé-des-bois, le maïanthème du Canada, de même que la fougère polypode de Virginie. L’effet esthétique du quatre-temps et du polypode est des plus spectaculaires à l’automne alors que le feuillage du quatre-temps vire au rouge et au bordeaux, tandis que celui de la fougère reste bien vert, ce qui produit un contraste de couleurs saisissant. Bien qu’il s’agisse d’une espèce robuste, le quatre-temps à deux choses en horreur : la chaleur et les sols détrempés. Ses racines aiment la fraîcheur, mais ne pousseront jamais dans l’eau. Il est donc préférable de le cultiver au frais ou au sec et de réserver les habitats acides et humides à d’autres espèces qui s’y plairont davantage telles que la galane glabre ou le thé-du-Labrador. Finalement afin de le protéger de la chaleur, on prendra soin de toujours le planter à l’ombre ou à la mi-ombre, là où il recevra un maximum de deux à quatre heures de soleil par jour.
Fiche technique Famille Cornacées
Nom latin Cornus canadensis Linné
Nom anglais Bunch-berry
Rusticité zone 1
Lumière ombre, mi-ombre
Floraison mai-juin
Hauteur minimum 5 cm
Hauteur maximum 20 cm
Largeur 15 cm
Humidité sol frais ou sec
Habitat naturel Forêts conifériennes, rochers et tourbières
Usages Couvre-sol. Habitat faunique. Jardin d’éricacées. Plante médicinale.
Caractéristique demande un pH de 4 à 5
Association Maïanthème du Canada, Polypodium virginianum, Gaultheria procumbens Bon automne