Description Au comptoir d’un dépanneur ou d’une station-service seriez-vous étonnés de découvrir sous forme de gomme à mâcher l’une de nos belles espèces indigènes? Dans son emballage voyant mauve et jaune, la«gomme savon» n’indique en rien ses origines forestières. Pourtant, la gomme de marque «Thrills» doit son goût unique à l’essence de gingembre sauvage. Aujourd’hui, remplacé par un parfum artificiel, cet arôme inusité provenait auparavant de la racine de l’Asarum canadense, une espèce indigène qui possède un important potentiel ornemental. Cette plante basse est une vivace forestière caractéristique des érablières riches. Ses feuilles, en forme de coeur arrondi, atteignent une dizaine de centimètres de largeur. Leur port, aplati, procure un bel effet couvre-sol. Le léger duvet qui les recouvre absorbe la lumière et donne à la plante une couleur mate agréable à l’oeil. Les fleurs de cette espèce sont dissimulées sous le feuillage et ne présentent pas d’intérêt sur le plan ornemental. Toutefois, elles constituent une source de nourriture pour l’entomofaune. La plante se propage à la fois par les graines et par la ramification du rhizome, ce qui lui permet de croître rapidement.
Utilisation
C’est en milieu ombragé que le gingembre sauvage se développe le mieux. Toutefois, il tolère également les situations mi-ombragées et même carrément ensoleillées, mais son feuillage tend à se recroqueviller dans de telles conditions. Il est donc tout désigné pour les jardins d’ombre. Pour un effet couvre-sol on suggère de le planter à une densité de 25 plants par mètre carré. La culture du gingembre sauvage requiert un sol fertile riche en humus. Un paillis de feuilles mortes appliqué à l’automne aide à maintenir de bonnes conditions. Le pH recommandé se situe entre 5.5 et 6.5. Comme il s’agit d’une espèce qui apprécie la fraîcheur, elle sera au sommet de sa forme aux abords d’un ruisseau ou d’un plan d’eau forestier. Éviter les sols secs et les substrats stériles. Pour un effet visuel optimal, combiner le gingembre sauvage avec des plantes au port vertical qui contrastera avec son port bas. La maïanthème à grappes (Maïanthemum racemosum), la capillaire du Canada (Adiantum pedatum) et l’anémone de Virginie (Anemone virginiana) constitueront de belles associations indigènes. D’autres espèces forestières couvre-sol s’associent avantageusement au gingembre sauvage. Ce sont la linnée boréale (Linnaea borealis), la violette commune (Viola sororia), de même que le carex plantain (Carex plantaginea). Fait intéressant à noter, le gingembre sauvage suscite un intérêt sans cesse grandissant auprès des propriétaires de lots forestiers. Il semble qu’une culture commerciale destinée à la fabrication d’huile essentielle ou au marché de la restauration soit possible. Si cette option vous intéresse, nous vous recommandons de contacter le CEPAF (Centre d’expertise sur les produits agroforestiers) basé à La Pocatière.
Fiche technique
Famille Aristolochiaceae
Nom latin Asarum canadense
Nom anglais Wild ginger
Rusticité zone 3
Lumière ombre, mi-ombre, soleil
Floraison en mai, bordeaux, mais non apparente
Hauteur minimum 10 cm
Hauteur maximum 15 cm
Largeur 20 cm
Humidité sol frais, mais bien draîné
Habitat Érablières, aussi en forêts mixtes
Usages ornemental, culinaire, médicinal
Caractéristique rhizome odorant
Association Maïanthemum racemosum, Adiantum pedatum, Anemone virginiana, Linnaea borealis, Viola sororia, Carex plantaginea.
Bon printemps