Les cypéracées forment l’une des familles de plantes parmi les plus foisonnantes du monde végétal. Ces plantes sont d’une grande importance écologique est se retrouvent pratiquement dans tous les milieux. Au Québec seulement, on en dénombre 16 genres, incluant les carex qui constituent à eux seuls 180 espèces de notre flore! Il s’agit très certainement de notre famille la plus riche et, même parmi les botanistes chevronnés, n’identifie pas un carex qui veut! Heureusement, certaines espèces sont plus faciles à reconnaitre et comportent des traits distinctifs qui les rendent fort intéressantes. C’est assurément le cas de notre plante vedette de ce bulletin technique, le carex doré.
Le carex doré est une plante courte qui pousse en touffe au port recourbé ou retombant. Son feuillage vert tendre est fin et délicat et peut atteindre 35 cm. Toutefois, la plante n’atteint habituellement pas cette hauteur puisque les feuilles fléchissent et donne à la plante son allure caractéristique. Bien que son feuillage soit intéressant en soi, sa particularité la plus étonnante réside dans ses fruits (périgynes) orange vif translucides en forme de bille ou de petit grain de maïs à éclater d’environ 3 mm de diamètre. D’ailleurs nos collègues anglophones la nomment généralement Golden-fruited sedge, le carex aux fruits dorés, ou parfois plus comiquement Pumpkin sedge, le carex citrouille.

Indigène dans toutes les provinces et territoires du Canada, le carex doré pousse au Québec jusqu’en régions éloignées telles que Havre Saint-Pierre ou la Baie James. On le retrouve fréquemment associé aux roches calcaires, près des sources ou dans les prairies humides. Il est parfois discret, car il a tendance à se cacher sous de plus grandes herbacées qui lui procure une certaine fraicheur. Pourtant, sa tolérance remarquable en fait aussi une espèce capable de coloniser les sites perturbés et, ainsi, on le retrouve également dans endroits plutôt ingrats, comme des abords routiers.
Cette espèce cespiteuse (en touffe) émet également de longs rhizomes qui lui permettent de former des colonies assez denses. Sa croissance est plutôt lente, ce qui peut s’expliquer en partie par le fait qu’elle croît en sol plutôt pauvre en nutriments. Elle peut se cultiver en sol caillouteux, sableux ou graveleux, dans les loams de texture moyenne, mais elle ne supporte pas les sols argileux. L’idéal est de lui fournir le sol le plus pauvre possible afin qu’elle n’ait pas à combattre des espèces à croissance rapide qui seraient favorisées par un sol riche. Le système racinaire du carex doré est dense, mais ne dépasse pas une vingtaine de centimètres de profondeur. Il s’agit d’une espèce qui préfère le plein soleil, mais s’accommode bien d’une ombre légère qui lui permettra de résister à trop de chaleur. À l’aise dans les sols humide ou frais, elle supporte assez bien la sécheresse.
Son caractère pionnier en sol pauvre et sa préférence pour les sols frais en font une bonne espèce pour les jardins de pluie où elle pourra être cultivée en massifs ou en coulées élégantes. Elle est idéale pour contrôler l’érosion de surface le long des petits cours d’eau ou des plans d’eau. Son feuillage et ses racines ont un effet filtrant non négligeable. Il s’agit d’une espèce à la fois utile et ornementale qui offre un bon potentiel faunique. En effet, ses fruits sont consommés par les oiseaux et sont même comestibles pour les humains. Dans un aménagement au sol humide, par exemple dans le fond d’un bassin de rétention d’eau, son feuillage fin et clair et ses fruits colorés seront bien mis à l’honneur et tous pourront s’exclamer, le carex dorée, quelle plante en or!
Nom latin : Carex aurea Nuttall
Famille : Cypracées
Nom français : Carex doré
Nom anglais : golden-fruited sedge
Rusticité : zone 2
Lumière : plein soleil, mi-ombre
Floraison : mai-juin
Couleur des fruits: orangé
Hauteur minimum : 20 cm
Hauteur maximum : 35 cm
Largeur : 40 cm
Humidité : sol humide ou frais
Sol : préférence pour les sols calcaires, mais bonne adaptabilité
Habitat : ESSroc (rivage rocheux/graveleux); PALroc (rivage rocheux/graveleux), PALpra (prairie humide); TERurb (terrain urbain, abords routiers); Sites perturbés.
Applications possibles : bassin de rétention, jardin de pluie, bordures, massifs.
Avantages : tolère les fluctuations du niveau d’eau.