Tel un ange de verdure qui veille sur les prairies humides et les méandres des cours d’eau, l’angélique pourpre constitue une plante bénéfique tant pour son potentiel faunique que pour sa grande résistance aux fluctuations du niveau d’eau. Les jardiniers et les aménagistes des temps modernes devraient tirer profit sans délai de cette envoyée du ciel!
L’angélique pourpre est une vivace indigène de grande taille faisant partie de la famille des apiacées. La géante est donc apparentée à nos carottes et nos céleris de même qu’à de nombreuses plantes à ombelles qui ponctuent nos prairies et rivages. Grâce à ses tiges solides, mais peu nombreuses, elle déploie toute sa splendeur sur plusieurs mètres et dépasse fréquemment hauteur d’homme. Les tiges de cette majesté sont creuses, aromatiques, et arborent des teintes allant du mauve léger au pourpre profond, d’où sont nom. De larges feuilles composées, atteignant parfois une soixantaine de centimètres de largeur, ornent les tiges. Elles sont plus larges en bas et diminuent en taille progressivement vers le sommet. Au mois de juillet, la plante culmine en déployant de larges fleurs sphériques qui sont en réalité constituées de 15 à 40 rayons arborant chacun d’autres ombelles de fleurs blanc verdâtre. Leur couleur n’est en rien spectaculaire, mais l’ensemble offre un spectacle grandiose. Le nectar de ces fleurs attire de nombreuses espèces d’insectes, dont des pollinisateurs. Parmi les espèces qui visitent la plante, on retrouve des andrènes, des cantharides et des coccinelles. Des fruits secs s’ensuivent. Ils brunissent et tombent en cours d’été. Le système racinaire est fibreux et comporte une courte racine pivot.
À l’état sauvage, on retrouve cette angélique dans des sols lourds et bien humides. Bien souvent, l’espèce pousse dans des sols calcaires, mais elle tolère néanmoins une légère acidité. Il s’agit d’une plante qui sans être gourmande profite bien d’un surplus de matière organique. Bien nourrie, elle atteint alors des proportions titanesques. Il est donc important de lui fournir de l’espace. Elle préfère les conditions semi-ombragées, mais se plaît également au soleil. La cultiver à l’ombre donne des résultats décevants sous forme de plants chétifs et décolorés. Bref, il s’agit d’une plante qui nécessite un minimum de lumière, un sol frais ou humide et une bonne dose de matière organique. De plus, elle tolère relativement bien les sols argileux et en améliore la texture au fil des années, pour autant qu’elle ne soit pas soumise à des périodes de sécheresse estivale. Sa rusticité ne pose pas de problème dans la majeure partie du sud du Québec et elle n’exige aucune forme de protection hivernale si ce n’est qu’une simple couverture de neige qui évite la dessiccation.
Des études américaines ont démontré que l’angélique pourpre tolère l’inondation jusqu’à 45 cm pendant aussi longtemps que trois jours. Elle survit aussi très bien à l’inondation printanière prolongée lorsqu’elle est en dormance. La capacité de cette plante à tolérer l’inondation la rend particulièrement adaptée aux bandes riveraines, mais elle convient également pour les bassins de rétention avec ou sans retenue d’eau permanente, la restauration de prairies humides de même que les jardins de pluie. Elle ne supporte pas parfaitement la salinité élevée. Ainsi, si des sels de déglaçage sont susceptibles de contaminer les eaux de surface, ont prendra soins de la situer loin des points d’entrée d’eau. Autre aspect intéressant, le site Plant for a future (http://www.pfaf.org) la qualifie de plante plutôt utile pour un usage alimentaire ou médicinal. D’ailleurs, de nombreuses autres espèces du genre Angelica sont utilisées en médecine parallèle notamment en naturopathie et même la pharmaceutique traditionnelle s’y intéresse à cause de son contenu en fucomarine. Toutefois, cette même substance peut parfois occasionner des dermatites. Aucun cas nous a été rapporté au cours des 20 dernières années. Plus simplement, au jardin, il s’agit d’une espèce qui a la faveur de plusieurs, car elle n’intéresse pas les chevreuils. Elle permet notamment de créer de spectaculaires massifs dans de grands jardins ou, à plus petite échelle, un point focal digne d’intérêt ou un arrière-plan original. Une bien belle géante qui veille sur le jardin et ses alentours. 
Nom latin : Angelica atropurpurea Linnaeus
Famille : Apiaceae
Nom français : Angélique pourpre
Nom anglais : Purple-stemmed angelica
Rusticité : Zone 3
Lumière : à la mi-ombre ou en plein soleil
Floraison : juillet
Hauteur minimum : 150 cm
Hauteur maximum : 250 cm
Largeur : 100 cm
Humidité : exige un sol frais, humide ou détrempé.
Sol : Préférence pour les sols calcaires.
Habitat : TERarb (arbustaie); TERlif (lisière forestière); PALpra (prairie humide); PALmar (marais); PALpra (prairie humide);
Applications possibles : Jardin de pluie, point focal, jardin d’eau, bandes riveraines, restauration écologique en milieux humides.
Avantages : Contrairement à sa cousine européenne qui est bisannuelle, l’angélique pourpre est vivace. Une autre bonne raison pour opter pour une plante d’ici.