
Le 30 mai dernier se tenait le colloque annuel de la Société québécoise de phytotechnologie qui portait sur la gestion des eaux pluviales dans une perspective phytotechnologique. Cet événement, qui en était à sa 7e édition, regroupait une belle brochette de conférenciers et présentateurs que sont venus écouter un auditoire hétéroclite formé de professionnels de l’aménagement, de chercheurs, d’ingénieurs et de plusieurs autres professionnels intéressés par le thème tendance de cette année. Les deux présentateurs vedettes provenaient d’une part des États-Unis, en la personne de Rusty Schmidt, écologiste du paysage de la firme Waterdrop Design de New York, et d’autre part d’Australie, avec le Dr Tim Fletcher, professeur d’éco-hydrologie urbaine de l’Université de Melbourne. À eux seuls, ces conférenciers valaient le déplacement tant ils ont démontré avec éloquence l’efficacité et la pertinence de l’utilisation des végétaux dans les ouvrages de phytotechnologies.

Dr Fletcher, sympathique orateur du monde d’en dessous ( le Down Under des Aussies), a certainement convaincu les participants du rôle primordial des parties racinaires (le monde végétal d’en dessous!) dans la conception efficace des aménagements de gestion des eaux pluviales. Certains diront qu’il s’agit là simplement d’un bon vieux savoir de jardiniers, mais encore fallait-il le démontrer sans équivoque. Avec ses coupes et ses dispositifs expérimentaux, Dr Fletcher a illustré à merveille l’importance de bien connaître et tirer profit des différents types de systèmes racinaires. Les végétaux ayant des racines profondes et de bons diamètres permettent en effet une infiltration plus efficace, tandis que les racines plus superficielles et denses interviennent mieux dans la filtration des particules. D’ailleurs, il y a plusieurs années que l’équipe d’Indigo est persuadée de l’importance de considérer le système racinaire des plantes dans la conception des ouvrages de phytotechnologie. Nous avons d’ailleurs, à la pépinière, fait de nombreux essais de culture de graminées et autres plantes similaires afin de pouvoir qualifier les systèmes racinaires de celles-ci. Voici donc en quelques lignes et images, des informations dont vous pourrez tirer profit lors de vos prochains projets.
Andropogon gerardii
Carex crinita
Elymus canadensis
Glyceria canadensi
Dichanthelium clandestinum (Panicum clandestinum)
Poa alpina

Agrostis scabra
Calamagrostis canadensis
Festuca rubra
Poa glauca
De notre côté de l’hémisphère, les travaux de Rusty Schmidt ont emballés les participants, dont plusieurs étaient issus du milieu municipal. Notamment, les projets de rues dans lesquelles des jardins de pluie permettent de recueillir près de 90% des eaux de ruissellement comparativement aux rues traditionnelles témoins ont été jugés des plus inspirants.

Image : Rusty Schmidt, WATERDROP DESIGN Une des informations clés transmises par M. Schmidt est certainement le fait que les plantes les plus adéquates pour les installations de biorétention sont celles qui aiment les sols frais ou secs et tolèrent l’inondation plus ou moins prolongée et non pas les plantes de milieux humides qui tolèrent la sécheresse. Cela modifie certes la perspective habituellement retenue par les concepteurs. D’ailleurs, les documents techniques présentés par ce conférencier ont enthousiasmé plusieurs participants (dont nous, bien entendu!). Ces bouquins de références, dont le Plants for Stormwater Design, présentent une panoplie d’espèces adaptées aux aménagements de biorétention dont la sélection a été faite suite à des expérimentations permettant de qualifier la tolérance des végétaux à la submersion en matière de hauteur et de temps. Comme les livres présentés sont destinés à des régions climatiques avec lesquelles nous partageons un bon nombre d’espèces, ces documents sont tout à fait pertinents pour les aménagistes d’ici et nous vous les recommandons chaudement.
Plants for Stormwater Design / Daniel Shaw & Rusty Schmidt
Ce 7e colloque s’est révélé, encore une fois, un événement de grande qualité. Les occasions de réseautage et d’échanges tout au long de la journée ont été très appréciées par les participants et les commanditaires. Fait admirable, le ton, toujours juste, mais sans prétention, de l’animateur Jacques Brisson a contribué à rendre cette journée à la fois instructive et amusante, une rareté remarquable dans nos milieux professionnels trop souvent ternes.