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15 oct. 2005

Aiglon Indigo

Changement de nom chez les plantes; quelques principes de nomenclature

Bulletin technique

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Avec l’arrivée du nouveau catalogue, vous pourrez constater que plusieurs espèces sont maintenant offertes sous des noms différents. C’est le cas, par exemple, de la smilacine à grappes (Smilacina racemosa) qui sera désormais nommée Maianthemum racemosum. Loin de constituer une fantaisie de l’équipe, ces changements de nomenclature témoignent d’un désir constant de nous conformer aux principes qui régissent la botanique. L’objectif de cette démarche est de vous offrir un produit de haute qualité dont l’identité ne laisse planer aucun doute. Si en horticulture ornementale l’identification exacte d’une espèce porte peu à conséquence, il n’en est pas de même en naturalisation où l’introduction d’une espèce mal identifiée peut constituer une menace pour le milieu naturel. Nommer les plantes sans ambiguïté a toujours été une préoccupation sérieuse pour l’homme. Les noms servent à identifier les plantes, mais constituent également un véhicule de transmission des connaissances. Pour nos ancêtres, nommer l’hépatique, c’était la reconnaître, mais c’était aussi nommer ses propriétés, à tort ou à raison. Les noms vernaculaires possédaient bien souvent ce pouvoir d’évocation. Toutefois, d’une région à l’autre, d’un peuple à l’autre ces noms peuvent varier grandement. Une plante peut posséder plusieurs noms communs et inversement, un même nom commun peut désigner plusieurs espèces, d’où le besoin d’instaurer une façon universelle de nommer les plantes. Il a fallu attendre les premiers développements de la botanique pour percevoir un désir de stabiliser la nomenclature. Le latin s’est vite imposé étant donné sa nature savante. Toutefois, sans système taxonomique élaboré, les noms latins sont vite devenus des espèces de phrases descriptives lourdes d’utilisation. Ainsi, à l’époque des polynômes, certaines espèces pouvaient se voir attribuer une série de noms descriptifs au fil des herborisations. Par exemple, en 1742, Heller nommait le trèfle blanc Trifolium caule repente spicis depressis siliquis tetraspermis. C’est avec la venue de Linné que le système actuel des binômes s’est imposé. Depuis 1753 chaque espèce est désormais attribuée à un genre et désignée par un épithète spécifique qui désigne l’espèce à l’intérieur du genre. Ce système a grandement contribué à faciliter l’expression et la communication botanique puisque le binôme latin ne peut désigner qu’une seule et unique espèce. Depuis lors, les botanistes s’appliquent à reconnaître un seul nom valable par espèce dans le monde entier. Régie par le Code de la Nomenclature Botanique, la détermination des noms pose malgré tout certaines difficultés. Les genres étant des entités conceptuelles, il arrive que les auteurs ne s’entendent pas sur l’identité exacte des espèces. Lorsque des travaux particulièrement approfondis apportent des arguments de poids en faveur d’une reclassification, le nom de l’espèce change. Le désir de stabiliser la nomenclature scientifique a vu naître des systèmes d’information tels que l’Integrated Taxonomic Information System (ITIS) qui se veut un partenariat international ayant pour but de diffuser le nom reconnu pour chaque espèce du règne vivant. À partir de 2006, Indigo offrira ses plantes sous le nom accepté par l’ITIS. Lorsque cela implique un changement de nom, le nouveau nom sera suivi de son synonyme utilisé antérieurement. Il est fort probable qu’avec le progrès des connaissances botaniques et les moyens toujours plus poussés d’étudier les spécimens, tels que l’étude génétique, les noms des plantes seront encore appelés à changer. Considérons que nous sommes dans le cours d’une période transitoire qui aboutira à une plus grande stabilité de la nomenclature. Cela sera bénéfique pour tous les intervenants travaillant avec le vivant. Voici les changements de noms que vous remarquerez dans notre nouveau catalogue :
Antennaria canadensis devient Antennaria howellii ssp. canadensis
Antennaria gaspensis devient  Antennaria rosea ssp. pulvinata
Aster lateriflorus devient  Symphyotrichum lateriflorum
Aster novae-angliae devient  Symphyotrichum novae-angliae
Aster puniceus devient  Symphyotrichum puniceum
Aster simplex devient  Aster lanceolatus
Aster umbellatus devient  Doellingeria umbellata
Athyrium thelypterioides devient  Deparia acrostichoides
Dryopteris spinulosa devient  Dryopteris carthusiana
Elymus arenarius devient  Leymus arenarius
Eupatorium rugosum devient  Ageratina altissima
Heracleum lanatum devient  Heracleum maximum
Hypericum pyramidatum devient  Hypericum ascyron
Hystrix patula devient  Elymus hystrix
Iris setosa devient  Iris setosa var. canadensis
Lathyrus maritimus devient  Lathyrus japonicus var. maritimus
Mentha canadensis devient  Mentha arvensis
Panicum clandestinum devient  Dichanthelium clandestinum
Potentilla palustris devient  Comarum palustre
Potentilla pectinata devient  Potentilla pensylvanica var. litoralis
Potentilla tridentata devient  Sibbaldiopsis tridentata
Saxifraga aizoon devient   Saxifraga paniculata ssp. neogaea
Smilacine racemosa devient  Maianthemum racemosum
Thalictrum confine devient  Thalictrum venulosum

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